Après avoir aimé La tête en friche et Vivement l’avenir, je ne pouvais pas ne pas aimer ce nouveau roman de Marie-Sabine Roger.
Et pourtant…
Jean-Pierre Fabre est un vieux bougon, veuf et sans enfants. A la retraite depuis quelques années, il se retrouve un jour sur un lit d’hôpital à la suite d’un accident qui le laisse fracassé mais la tête à l’endroit et la langue bien pendue… Ce roman est l’histoire de son séjour à l’hôpital, des gens qu’il y croise et de la façon dont ces rencontres vont l’amener à évoluer. Un peu… Outre le personnel médical, il y fera connaissance avec Camille, le jeune homme qui l’a sauvé, l’adolescente Maëva à l’embonpoint trompeur, Maxime l’inspecteur qui mène l’enquête sur l’accident…
Il y a beaucoup d’humour dans ce roman. L’atmosphère de l’hôpital et les relations personnel soignant/patients sont justement décrites. L’émotion est embusquée au coin de la page et il suffit de la tourner pour passer du sourire au soupir mais cela m’a pas suffi pour apprécier totalement ce livre.
Je n’y ai pas retrouvé toute la gouaille et l’originalité des deux romans cités en introduction. On sent la patte de Marie-Sabine Roger, bien sûr mais une patte affaiblie, comme si c’était elle qui était sur ce lit d’hôpital, pour finir. Les personnages sont sympathiques, attachants, habilement décrits en quelques lignes mais l’histoire passe trop vite… On a à peine le temps de faire connaissance que le roman se termine! Je suis restée sur ma faim concernant la relation quasi-filiale qui se développe avec Maxime ou celle, plus étrange et plus subtile, entre Jean-Pierre et Camille son sauveur…
Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre mais il ne m’a pas rassasiée, pas contentée autant que je l’espérais. D’où un certain sentiment de déception, relatif certes, au vu de ce que je peux lire par ailleurs, mais réel… Je deviens exagérément exigeante, j’en suis bien consciente et d’autant plus désolée que Marie-Sabine Roger fait partie des auteurs que j’aimerais mettre entre toutes les mains…
En extrait, le passage que j’ai lu dans la librairie juste avant de me décider à acheter le roman…
Mademoiselle déglutit, s’approche à contrecœur, considère ma bistouquette avec une appréhension que je partage. L’urologue souffle Allons! Allons! en tapotant de la semelle. J’aimerais autant qu’il ne la brusque pas.
- Surtout, dites-moi si je vous fais mal, murmure-t-elle d’une voix timide.
- Allez, mademoiselle, on y va! aggrave l’urologue.La mort dans l’âme, elle s’empare de mon vieil objet du délit d’une main mal assurée, du tube chirurgical de l’autre. Je dis :
- Et vous prenez le drain tous les jours comme ça?
L’urologue lève un sourcil. La petite rougit, réprime un rire nerveux. Je ne suis pas très fier du niveau de ma blague, mais c’est thérapeutique. Il y a urgence à dédramatiser.
Elle se reprend et me prévient, en commençant à me désintuber :
- Heu, ce serait peut-être mieux, si vous ne regardiez pas…
- Pensez-vous, je suis comme les vaches, j’adore voir passer les drains.
Elle éclate de rire un bon coup et me ruine un peu le bijou au passage mais bon, c’est terminé.
D’autres avis bien plus enthousiastes que le mien pour faire bonne mesure : Clara, Aifelle, Fransoaz
Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger, Le Rouergue (what else?)








