Merci les filles!

Je suis en mode « économie d’énergie » en ce moment et ce billet sera donc pour moi l’occasion de remercier Constance, qui m’a très gentiment prêté Les impurs, de Caroline Boidé et Keisha, qui partage avec moi le goût des livres américains en VO – bons comme là-bas, dis – et m’a envoyé Twisted Tree, de Kent Meyers…

Difficile de faire un écart plus grand entre ces deux-livres et pourtant, Mesdames et Messieurs, c’est ce que je m’apprête à faire sous vos yeux ébahis! Quelle souplesse! 😉

Le roman de Caroline Boidé se déroule dans l’Algérie de la fin des années 50. David est un ébéniste juif. Il rencontre Malek, une jeune musulmane ardente et passionnée. Alors que tout devrait les séparer – la tradition, la religion, les familles – ils s’aiment. Entre eux, nait une passion sauvage, chaude, épicée. Malek, bibliothécaire et amoureuse des mots, incite David à écrire et les chapitres du roman sont entrecoupés de notes prises dans ces carnets que David va entamer. Un procédé habile de l’auteure pour nous faire sentir le climat politique, de plus en plus inquiétant, dans lequel baignent ces deux communautés – la juive et la musulmane – qui jusqu’alors cohabitaient sans souci. Mais si Malek a choisi le camp de la liberté, avec tous les déchirements que cela suppose, David, lui, s’empêtre dans ses croyances et ses peurs. Un évènement inattendu va venir briser le fil tendu de cet amour impossible… (je n’en dis pas plus, sinon je vais encore être accusée de « spoiler »! 😉 ). 

L’écriture de Caroline Boidé est à la fois légère et capiteuse, ciselée et infiniment riche. Ses choix de narration étonnent et permettent au lecteur de sentir, de deviner plus que de constater. Un roman court mais marquant sur une période dont on n’a pas fini de parler… 

Changement de décor avec Twisted Tree. Nous voici dans le Dakota du sud, dans une petite ville où les secrets et les destins se croisent. Kent Meyers ouvre son roman avec une scène qui m’a mise particulièrement mal à l’aise : un serial-killer s’approche de sa proie – la jeune Haylay Jo -, évoque comment il l’a trouvée et pour finir, l’emporte pour mieux jouir de ses noirs desseins. L’esprit dérangé de l’homme est tellement bien rendu que j’ai failli arrêter là mais Keisha avait dit « à lire absolument » alors, j’ai continué.

La suite m’a changé les idées mais ma lecture n’en a pas été facilitée pour autant. L’auteur a en effet fait un choix singulier : partir de la mort de Haylay Jo et montrer quelles répercussions a eu cette mort sur certains habitants de la ville de Twisted Tree. Certaines histoires sont prenantes, on les lit en apnée : la jeune femme qui semble prendre soin de son beau-père paralysé, la femme qui a peur des serpents…  D’autres m’ont parues moins intéressantes. D’une manière générale, je n’ai pas adhéré au procédé. Même en lisant l’ensemble du livre comme un recueil de nouvelles, le lien entre les différentes histoires m’a paru trop ténu pour maintenir mon intérêt. C’est extrêmement bien écrit mais cela manque de « correspondances ». Les personnages et les évènements ne se répondent pas assez…

Un auteur que je relirai sans doute mais dans une histoire plus « construite »… 

Les Impurs, Caroline Boidé, Serge Szafran

Twisted Tree, Kent Meyers, traduit en français chez Gallmeister

22 réflexions sur “ Merci les filles! ”

  1. Ah oui, le deuxième auteur était au festival America .. Je ne note plus rien en ce moment, je suis prise jusqu’en janvier avec le prix des lecteurs de ma librairie (du bon et du moins bon au programme).

  2. Merci de m’avoir fait confiance, mais je t’avais dit que le serial killer disparaissait vite des écrans…Heureusement. Le roman entremêle présent et passé, ce qui n’arrange rien, n’est ce pas? Mais je note tes bémols, oK.
    (et ce n’est pas le père, mais le beau -père, je crois)

  3. @ Keisha : ah, j’ai voulu le lire et l’apprécier, ce livre mais malgré tous mes efforts, ça n’a pas pris! Mais j’ai trouvé l’écriture de cet auteur vraiment magnifique et je me suis déçue de ne pas accrocher… J’ai vu qu’il avait écrit The work of wolves que je téléchargerai peut-être.
    Oui, c’est le beau-père, tu as raison, je vais corriger.

    1. Ne me reste plus qu’à me faire une idée par moi-même, mais en VF, en sortant Twisted tree de sa tanière empoussiérée.Je verrai ainsi si moi aussi j’ai manqué la correspondance 🙂

  4. Impossible d elire en anglais pour moi et je crois que je serais aussi mal à l’aise que toi face à la scène que je devine, mais le premier m’intéresse très fort !! Je peux demander à Constance qu’il passe par chez moi ?

    1. @ Claudialucia : Des restrictions? Non, je ne crois pas… Ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai apprécié la lecture de ce roman. Au fait, toujours aux petits soins, le Wensounet?

  5. En « économie d’énergie », voyez-vous ça !!! Alors nous aussi on doit faire le grand écart dans les commentaires ???:lol: Les deux ne me tentaient guère donc c’est très bien !!! Par contre j’aime bien les odeurs qui embaument chez toi !!! Surtout le feu de bois et le cake au potimaron!!! 😀 (le varech pas tous les jours^^)

    1. @ Asphodèle : le cake au potimaron est un délice, si tu n’étais pas si loin, je t’en ferais goûter! Quand déménages-tu en Bretagne? On n’a pas moins de pluie mais on a moins de tornades et moins de royalistes (ne va pas chercher un rapport, y’en a pas)… 😉

  6. je suis contente que tu aies aimé Les Impurs ! j’avais un peu peur, nos goûts de lectrices peuvent tout autant différer que se ressembler, mais là apparemment c’était plutôt le deuxième cas 🙂
    c’est un point de vue très particulier qui est porté sur cette période de l’histoire, et c’est ça qui fait en partie la richesse de ce texte à mes yeux (en plus de ce que tu as déjà dit).
    oui oui, qu’il parte chez Anne, c’est un plaisir de faire partager ce titre. je réponds de suite à son mail

    1. @ Constance : moi aussi j’ai aimé la forme de ce roman. J’ai trouvé que les carnets de David donnaient chair au contexte d’une manière percutante et jamais pesante. Malek est d’une sensualité débordante… 😉 Je transmets à Anne très vite alors!

  7. Déçue je suis 😉 J’ai croché sur la couverture du deuxième livre (ben oui, je résiste mal aux beaux destriers mais là, le serial killer etc me tente du coup beaucoup moins…

    1. @ Zarline : comme le dit Keisha, le serial killer disparait après le premier chapitre. C’est un « roman » qui montre la manière dont la mort d’une personne affecte son entourage. Il n’est pas beaucoup question de destriers dans tout ça… 😉

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