Double jeu

P1040918Quentin Silber vient de changer de lycée. C’est une dernière chance qu’on lui accorde comme un privilège. Après avoir fréquenté l’établissement de son quartier, où il connaissait tout le monde, le voici propulsé dans l’univers propre et friqué du lycée Clémenceau, le meilleur de la ville. Il n’y a pas d’amis et n’a pas envie de s’en faire. Il sait qu’on attend de lui des efforts de comportement, de travail, mais n’est pas décidé à les fournir. Jusqu’à ce que la prof de français, qui anime aussi l’option théâtre lui propose un rôle. Quentin doit alors choisir : plaquer son ancien univers et s’adapter au nouveau? Ou bien refuser ce qu’on lui demande de faire, encore une fois? 

Dernier opus de Blondel, chez Actes Sud Junior, ce Double Jeu ne m’a pas enthousiasmée autant que l’avait fait Brise-Glace. La question centrale est celle de l’identité, du statut social. Est-on défini par ses origines? Quand tout semble mal parti, a-t-on une chance de s’en sortir quand même? C’est une interrogation fondamentale pour les jeunes, et sans doute ce livre leur parlera-t-il, car l’auteur sait aborder ces problèmes avec douceur et subtilité.

Je n’ai rien à dire sur le style, les personnages, l’histoire. Du pur Blondel… J’ai juste trouvé que l’auteur ne se renouvelait pas beaucoup. Il est sur le sentier balisé d’un monde qu’il connait bien. Ça roule, un peu pépère. Ce n’est pas désagréable à lire, mais pas très marquant non plus. A côté, Jo Witek avec sa Jill aveugle (Rêves en noir) ou Martine Pouchain avec sa Zelda la Rouge (billet à venir) me font l’impression d’être des pionnières, qui vont défricher du bout de leur plume des terrains peu explorés et s’attaquent avec brio à des sujets difficiles.

Double Jeu, Jean-Philippe Blondel, Actes Sud Junior. 

14 réflexions sur « Double jeu »

  1. Je n’ai jamais lu les romans ado de Blondel.
    Il est vrai qu’il reprend toujours un peu les même thèmes dans ses romans adultes aussi. Mais je ne me suis pas encore lassée. Il est vrai que je n’ai pas tout lu.

    1. @ ICB : j’ai cherché ton billet mais ne l’ai pas trouvé… Ah, la Fernandez! Un beau portrait de prof, en effet. Et psychologue avec ça… 😉 C’est ce qui manque, souvent, la psychologie, chez certains enseignants!

  2. Je ne connais cet auteur que de nom… Je note qu’il vaut mieux commencer par Brise-Glace ; le titre me tente bien, je regarderai la semaine prochaine s’il est disponible dans ma bibliothèque 🙂

  3. Blondel, je ne me sens pas très attirée (c’est drôle, c’est comme Olivier Adam, j’ai du mal à me l’expliquer) mais Martine Pouchain… j’ai adoré La ballade de Sean Hopper, et je vais lire très bientôt Zelda la rouge, chic !

    1. @ Anne : je suis beaucoup plus sensible au style de Blondel qu’à celui d’Olivier Adam. Le problème, c’est qu’à force de tourner autour des mêmes thèmes, on a parfois une impression de déjà-lu… Avec Zelda, tu devrais te régaler. Mon billet est prévu pour vendredi.

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