So long, goodbye…

J’ai décidé de mettre un point final à ce blog.

Le temps est venu pour moi de passer à autre chose, de concentrer mon énergie sur les deux activités qui me tiennent à cœur : l’écriture et la peinture.

Je ressens le besoin de m’accorder quelques mois de pause pour prendre du recul, de la distance, m’extraire de l’affolante rapidité/boulimie/profusion de la blogosphère, du monde virtuel et des réseaux sociaux.

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Cette expérience de blog littéraire a été d’une richesse incroyable, débouchant sur des rencontres sympathiques et de vraies amitiés, un élargissement de mon panorama de lectrice, des découvertes nombreuses.

Je veux vous remercier, vous tous, qui êtes passés par ici, avez commenté, participé, lu, et d’une certaine manière, soutenu mon envie de bloguer. Je pense qu’on se reverra bientôt car je ne saurais demeurer très longtemps sans mettre en route de nouveaux projets.

Glaz va continuer sa petite vie et mon blog de peinture et de poésie Tard Dans La nuit sera le lieu virtuel où je ferai quelques apparitions dans les mois qui viennent.

So long, goodbye friends!

Le 4ème Mur

murAu milieu des années 70, Georges, étudiant en histoire, très engagé politiquement, fait la connaissance de Samuel Akounis, un metteur en scène grec et juif, réfugié en France. Ils se lient d’une profonde amitié. Sam a un rêve : monter l’Antigone d’Anouilh à Beyrouth, au Liban, en pleine conflit. Cependant, parce que la maladie le condamne à une mort proche, c’est son ami Georges qu’il charge de réaliser ce rêve à sa place.

La mission est périlleuse et compliquée puisque chaque nationalité, chaque religion, celles-là même qui s’entretuent, est représentée par un des acteurs. Georges arrive avec un idéal : que l’art soit capable de transcender la guerre. Avant la représentation, la ville est bombardée, Chatila massacrée. Georges se retrouve alors au cœur même du conflit, sous les bombardements qui détruisent les corps et les âmes. Il atteint ce point de non-retour au-delà duquel il ne sera plus jamais le même.

Ancien reporter de guerre, Sorj Chalandon réussit l’exploit de nous faire plonger sans filet en plein dans les hostilités qui déchirent alors le Liban. C’est un roman qui dit l’horreur de la guerre mais aussi sa terrible stupidité, sa parfaite inutilité. Car à quoi auront servi tous ces morts et cette douleur infinie qui a marqué plusieurs générations? Un livre fort, à découvrir d’urgence si ce n’est pas encore fait.

Féodor Atkine, le lecteur de la version audio, sert magnifiquement le texte, avec puissance et sobriété.

Le 4ème mur, Sorj Chalandon, Audiolib, 2014.

Esprit d’hiver

espritFidèle à son goût pour l’étrange qui se révèle peu à peu au cœur même de la plus banale réalité, Laura Kasischke plonge Holly, l’héroïne d’Un esprit d’hiver dans une atmosphère propre à la troubler. Le blizzard se lève et la neige recouvre tout. Les invités attendus pour le déjeuner renoncent à venir. Le mari d’Holly, parti chercher ses parents à l’aéroport, ne peut pas rentrer et Tatiana, sa fille, d’habitude tendre et gentille, commence à se comporter bizarrement, se montrant de plus en plus agressive. L’angoisse, telle une main glacée, étreint Holly. Entre la mère et la fille, la tension monte jusqu’au dénouement qui sera forcément brutal.

Le précédent roman de l’auteur que j’avais lu – Les Revenants – ne m’avait pas du tout convaincue. J’ai été sensible, dans celui-ci, à la voix de Holly, une femme aux désirs étouffés comme le monde est peu à peu réduit au silence sous le poids de la neige et qui souffre en silence. Dans les romans de Laura Kasischke, le passé hante toujours le présent et cet Esprit d’hiver ne déroge pas à la règle. Un roman dont la froideur obscure s’immisce pour longtemps dans l’imaginaire du lecteur…

Petit bémol : Irène Jacob, la lectrice de la version audio, ne traduit pas toujours au mieux les émotions qui parcourent ce livre.

Aux anges

aux-angesAvec ces Anges, j’ai découvert un nouvel auteur, Francis Dannemark, que je n’avais encore jamais lu. C’est sur les conseils d’Isabelle d’Un autre Endroit et d’Yv que j’ai découvert ce petit bijou dont le bleu doux de la couverture annonce bien la couleur.

Pierre et Florian sont deux amis de jeunesse que la vie a éloignés. Lors d’une fête commune, ils renouent le lien, et quelques jours plus tard, Pierre propose à son ancien ami de l’accompagner lors d’une tournée de rendez-vous professionnels en Normandie.

Dans l’habitacle de la voiture, les deux hommes résument, chacun leur tour, les trente années écoulées, leurs regrets, leurs désirs, leurs peurs. Les surprises et les embûches semées avec facétie par l’auteur sur leur chemin vont les amener, doucement mais sûrement, à revoir leurs rêves et leurs ambitions pour les années à venir.

C’est un réel plaisir d’embarquer avec ces deux amis pour une tournée pas ordinaire. On croise des personnages secondaires ébouriffants et émouvants : la comtesse Emiliana, la belle Sarah, le chien Elie. On ne s’ennuie pas une seconde et on sourit souvent. Le seul défaut de ce roman : il n’est pas assez long! J’aurais volontiers fait durer le plaisir… Peut-être vais-je le relire?

En guise de conclusion, cette phrase de Brassaï lue en exergue du livre que j’aime beaucoup :

On se demande si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie.

Aux anges, Francis Dannemark, Robert Laffont

Les avis d’Anne et Aifelle

En prime, le morceau de jazz dont il est question dans ce livre. Et vous le savez, par ici, un livre qui fait référence au jazz, c’est forcément un bon livre…😉

Peace Piece, by Bill Evans

Canada

canadaDans les années 60, les parents du jeune Dell se mettent en tête de braquer une banque pour sortir de leurs difficultés financières. Cette idée, pour le moins tordue, va être le coup de pouce qui va irrémédiablement bousculer le destin de Dell et de sa sœur. Les parents incarcérés, les enfants vont suivre des chemins différents et divergents, pour ne se retrouver qu’à la toute fin du roman.

J’attendais beaucoup de cette histoire, après avoir lu plusieurs critiques très élogieuses. Le parti pris de l’auteur, qui refuse de recourir à tout suspens, toute forme de tension, m’a semblé vider l’histoire de toute son énergie. Ce choix narratif qui consiste à annoncer d’abord ce qui s’est produit puis à remonter le fil pour décrire, avec force détails, comment tout s’est enchainé, a très vite suscité mon ennui. J’ai décroché, tout simplement… Comme il s’agissait de la version audio, j’ai fini une plage de lecture… et je n’ai jamais éprouvé l’envie de reprendre, devenue totalement indifférente au sort de Dell et des siens. Le lecteur, Thibault de Montalembert, ne peut pas, avec ce texte, donner la pleine mesure de ses talents. Dommage!

Canada, Richard Ford, Audiolib, 2014

Cent ans

Cent ans. C’est  le temps qui sépare la narratrice de son aïeule Sara Suzanne.

C’est aussi la photographie d’un retable pour lequel Sara Suzanne a servi de modèle qui sert de prétexte à l’écriture des cahiers qui composent ce livre.

A travers ces cent ans, c’est le destin de plusieurs générations de femmes qu’Herbjorg Wassmo trace : Sara Suzanne, bien sûr et sa rencontre avec le pasteur Jensen, le peintre du retable, sa fille Elida qui sera placée dans une famille d’accueil, Hjordis qui vivra la guerre et Herbjorg, la petite dernière dont on devine qu’elle cherche à échapper à celui qui abuse d’elle.

Ce roman est une véritable épopée familiale qu’il faut lire absolument, un résumé l’affadirait par trop…

Lire la suite Cent ans

Orages ordinaires

A force de lire ici et là que William Boyd comptait parmi les auteurs favoris, j’ai fini par choisir un de ses romans à la médiathèque. Histoire de voir… Et je dois dire que j’ai été plutôt emballée.

imgresDans Orages Ordinaires, William Boyd narre avec brio l’histoire d’un jeune climatologue, Adam Kindred, qui en quelques heures va voir sa vie basculer dans un véritable cauchemar. Parce qu’il aura voulu rapporter un dossier oublié par un inconnu dans un restaurant, il va être pris pour l’auteur d’un meurtre atroce. Dès lors, dans ce Londres où il vient juste de revenir, il va devoir se cacher et surtout subsister avec rien ou presque.

Traqué par la police et un tueur à gages pour qui il représente un témoin gênant, Adam devient comme ces centaines d’autres qui survivent en marge d’une société qui ne leur fait pas de place.

L’histoire est prenante et originale. Je dois dire que j’ai lu avec plaisir ce récit rocambolesque en forme d’aventure dans la jungle hyper-moderne que peut représenter la capitale d’une société occidentale. J’ai parfois tiqué devant certains hasards un peu trop faciles à mon goût mais je n’ai pas pour autant boudé mon plaisir. C’est une très bonne lecture, une première découverte d’un auteur que je relirai sans aucun doute.

Les avis positifs de Sylire, Kathel et celui plus mitigé de Mrs B.

Orages ordinaires, William Boyd, Seuil