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Cent ans

Cent ans. C’est  le temps qui sépare la narratrice de son aïeule Sara Suzanne.

C’est aussi la photographie d’un retable pour lequel Sara Suzanne a servi de modèle qui sert de prétexte à l’écriture des cahiers qui composent ce livre.

A travers ces cent ans, c’est le destin de plusieurs générations de femmes qu’Herbjorg Wassmo trace : Sara Suzanne, bien sûr et sa rencontre avec le pasteur Jensen, le peintre du retable, sa fille Elida qui sera placée dans une famille d’accueil, Hjordis qui vivra la guerre et Herbjorg, la petite dernière dont on devine qu’elle cherche à échapper à celui qui abuse d’elle.

Ce roman est une véritable épopée familiale qu’il faut lire absolument, un résumé l’affadirait par trop…

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L’incendiaire

C’est Wens qui m’a mise sur la piste de l’écrivain Stefansson avec un billet qui m’avait beaucoup tentée. Après la réservation de l’ouvrage et l’attente de rigueur, puis le vol éhonté du dit-livre par mon mari toujours à court de bons bouquins, j’ai enfin pu m’y plonger! Et j’ai apprécié cette première rencontre avec cet auteur de polars venus du froid islandais…

Avec un titre pareil, vous ne serez pas étonnés de savoir que le livre commence avec un incendie. La petite ville de – accrochez-vous… – Seydisfjördur a déjà connu un évènement similaire un an auparavant quand la maison du pasteur Adalsteinn avait brûlé. Deux incendies en si peu de temps pour une ville de cette taille, ça commence à faire beaucoup… La police de Reykjavik décide donc d’envoyer sur place l’inspecteur Valdimar Eggertsson afin qu’il traque le coupable…

Cette enquête va être l’occasion pour Valdimar de plonger dans les dessous – au propre comme au figuré… – de cette ville, paisible en apparence, surtout quand elle s’assoupit sous une tempête de neige, mais qui cache en réalité de nombreux secrets. Si les parents parviennent le plus souvent à donner le change, ce sont les enfants, et notamment les adolescents qui jouent les « symptômes » du malaise sous-jacent…

Peu à peu, le lecteur découvre, au fur et à mesure des progrès de Valdimar, des personnages confrontés à leurs pulsions, à leurs rêves évanouis et à leur propre médiocrité. Et qui semblent prêts à tout pour sauvegarder les apparences ou protéger ceux qui leur sont chers…

Un roman dense, bien écrit qui donne une vision un peu noire des petits villages perdus au fond des fjords mais avec lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde…

L’incendiaire, Jon Hallur Stefansson, Gaïa, 22 €

L’écriture sur le mur

Pour ceux qui n’auraient encore jamais croisé sa route, Varg Veum est un détective privé qui exerce à Bergen, en Norvège. L’écriture sur le mur est le neuvième tome de ses « aventures ».

Alors que la ville est encore sous le choc, à la suite de la découverte du corps d’un juge d’instance – en petite tenue (féminine s’il vous plait!) – dans une chambre d’hôtel, Veum est chargé par une mère de retrouver Torild, sa fille de seize ans, qui a disparu depuis quelques jours. Il commence à fureter un peu, est plutôt mal accueilli par les amis de la jeune fille… Les pistes ne sont pas nombreuses mais tournent toutes autour d’une salle de jeux. Quelques jours après avoir commencé à enquêter, les choses se corsent car Varg reçoit par courrier son avis de décès : il a rendez-vous avec la mort dans une semaine…

Comme le commissaire Charitos, Harry Hole, Nestor Burma ou Harry Bosch, Varg Veum fait partie de mes héros de romans policiers préférés. Je suis ses aventures depuis le début. J’aime son humour pince-sans-rire, sa manière d’affronter les méchants sans pouvoir s’empêcher de faire du mauvais esprit, sa rectitude et son envie de contribuer à un peu plus de justice en ce bas-monde. Tour à tour désolé, imbibé, amoureux, battu, drôle, Veum fait partie de ces héros un peu trop humains, auxquels le lecteur s’attache facilement. Pour autant, l’auteur ne profite pas de ce lien pour céder, au fur et à mesure des histoires, à la facilité. L’écriture sur le mur propose une intrigue à plusieurs niveaux et bien malin celui qui peut deviner le coupable avant la toute fin… Gunnar Staalesen dresse aussi, roman après roman, le portrait d’une jeunesse déboussolée, d’un pays dans le doute et d’une ville que la météo ne chérit pas.

Un très bon cru qui ne décevra pas les amateurs de romans noirs.

L’écriture sur le mur, Gunnar Staalesen, Gaïa, 22 €

Merci à Dialogues Croisés et à Caroline qui ne m’offrent que de bonnes surprises!