L’inversion, les coquelicots et le beagle…

En ce moment, je me sens un peu comme ça…

C’est à dire un peu floue et surtout complètement inversée. Comme quand, en météo, l’air chaud arrive sur l’air froid. Ou le contraire, je ne sais plus…

Faut-il mettre ça sur le compte des hormones, de la saison, de la situation politique en France, des relations mère/fils parfois tendues ou d’une simple et passagère fatigue? Sans doute un savant cocktail de tout cela. Je ne suis donc pas très motivée par l’idée d’écrire des billets ou d’aller lire les vôtres. En fait, j’ai beaucoup écrit ces derniers mois et je me sens un peu vide. De mots, d’idées, de punch. Rien que de très normal en fin de compte… Dans ces cas-là, une pause s’impose, comme dirait l’autre… Même les livres ne m’apportent pas le plaisir attendu, c’est dire…

Heureusement cet état flou est passager – le cerveau continue à moudre, surtout entre trois et cinq heures du matin – et mes journées recèlent aussi quelques pépites. Une balade en bord de mer, hier, sous un soleil éclatant – n’en déplaise aux gens du sud… ils se reconnaîtront ;-) – qui m’a même fait prendre un coup de soleil! Ah si, si, je vous assure, j’étais toute rouge le soir!

Et aujourd’hui, une petite séance de cinéma pour aller voir La colline aux coquelicots. Un film d’animation sorti des célèbres studios Ghibli et réalisé par Goro Miyazaki. C’est une histoire d’amitié et d’amour dans le Japon des années 60. Un film sensible, délicat, plein de clins d’œil, servi par une musique formidable et des dessins magnifiques. Si vous voulez en découvrir la bande-annonce, c’est par ici. Et si vous voulez faire plaisir à l’enfant qui est en vous, vous n’avez plus qu’à vous programmer une sortie ciné…

Sinon, pour les amis des animaux qui s’inquiéteraient du sort réservé au Beagle, dans ce contexte de marasme intellectuel, je vous rassure. Le Beaglou se porte comme un charme et n’hésite pas à faire preuve de photo-génie lorsqu’il est soumis à une séance de shooting impromptu… Avec une tronche pareille, il va bientôt donner la réplique à Jean Dujardin… Mais avant, il faudra que l’animal apprenne à ne pas se rouler dans la merde de renard toute fraîche… nom dé diou, qu’est-ce qu’elle fouette!

Prochain rendez-vous en direct live, c’est à Rennes et c’est le 4 mars avec la grande tribu des blogueurs bretons – et d’autres, s’ils prennent le risque de s’aventurer en terre celte… D’ici là, ne comptez pas trop sur moi… j’ai l’intention d’hiberner encore un peu.

Blog en pause

C’est les vacances… Ce blog va passer en mode hibernation!

Je vous dis à bientôt.

Les courants fourbes du lac Taï

Voici une nouvelle aventure de l’inspecteur chinois Chen que je suis épisodiquement depuis quelques années…

Cette fois, l’inspecteur est en vacances à Wuxi, dans une résidence réservée aux hauts dignitaires. La résidence est bordée par un lac immense, réputé autrefois pour son eau limpide. Las, la Chine a bien changé et le lac miroitant est extrêmement pollué par les usines environnantes. Or, peu de temps après l’arrivée de Chen en ces lieux, Liu, le directeur de l’usine de produits chimiques n°1 est assassiné. Les soupçons de la police se portent aussitôt sur les activistes écologistes qui se battent pour faire diminuer la pollution. Parmi eux, la belle Shanshan que Chen a justement rencontré dans une petite gargotte et au charme de laquelle il n’a pas été insensible…

Comme toujours dans les romans policiers de Qiu Xiaolong, l’enquête se déroule doucement mais sûrement. Sensible à l’environnement et à ceux qu’il rencontre, attentif au moindre détail et capable de pousser un témoin dans ses retranchements, Chen sait mener son affaire de main de maître, sans faire trop de vagues ni froisser le pouvoir. Outre l’enquête que le lecteur suit avec plaisir, l’intérêt de ce roman réside aussi dans le portrait qu’il dresse de la Chine aujourd’hui : un pays en développement et en mutation, avec tout ce que cela suppose de ravages mais aussi de nouvelles perspectives.

Un bon polar qui devrait satisfaire pleinement les amateurs du genre.

L’avis de Pierre Faverolle

Les courants fourbes du lac Taï, Qiu Xiaolong, Points. 

Le rose et le noir

Avec un titre pareil, on pourrait croire que je vais parler de films canaillous ou de lingerie olé-olé… Eh bien non, tout faux, je vais parler de livres pour la jeunesse. Ah ah!

Pour la catégorie Rose, mais alors vraiment vraiment rose, il s’agit du Journal d’Aurélie Laflamme. Ce premier tome, d’une série qui compte déjà huit volumes et fait l’objet d’une adaptation cinématographique, est écrit par India Desjardins, une auteure québécoise. Aurélie Laflamme, quatorze ans, tient régulièrement un journal où elle consigne ses petits tracas quotidiens, les relations avec sa mère, les fous-rires partagés avec sa meilleure amie Kat et ses interrogations sur le lieu où se trouve désormais son père, mort quand elle était plus jeune… C’est frais, léger mais pas trop non plus, pas gnan-gnan et j’ai bien ri à la lecture de certains passages. Malgré tout, je suis restée un peu sur ma faim au niveau du style. J’ai trouvé ça un peu plan-plan parfois, j’aurais aimé plus de punch…

Lucie est fan!

Pour la catégorie Noir, j’ai lu, le temps d’une petite insomnie, Frères de Sang de Mikaël Olivier. Martin mène une vie tranquille et relativement protégée avec ses parents et son frère Brice dans la banlieue parisienne. Jusqu’au soir où la police débarque dans la maison, embarque Brice, le frère, dix-neuf ans, en l’accusant de pas moins de cinq meurtres! Les preuves sont accablantes, la détermination des parents à croire leur enfant innocent vacille. Seul Martin est persuadé que Brice n’a rien fait et décide de le sortir de là. Un roman qui captive d’emblée et décrit avec beaucoup de réalisme et de crédibilité la manière dont les parents, l’entourage et Martin vivent ce bouleversement. L’adulte que je suis a été un peu déçue par la rapidité de l’enquête et du dénouement de cette affaire mais je pense que c’est dû au format “ados”, pour lesquels il est parfaitement adapté. C’est ma seule réserve sur ce livre vraiment prenant et bien écrit. Un thriller à lire et à prêter – peut-être… – à vos enfants, surtout s’ils ne sont pas sages… Hin, hin, hin (rire diabolique…)..

La page de l’auteur à propos de ce livre.

Le journal d’Aurélie Laflamme, India Desjardins, Michel Lafon, 13,95€

Frères de sang, Mikaël Ollivier, Editions Thierry Magnier, 7,80 €

L’Atelier d’écriture…

… c’est reparti pour un tour et même plusieurs.

 

 

Nouvelles règles, nouvelles propositions. Vous êtes toujours les bienvenus…

Intéressés ou simplement curieux, vous pouvez en savoir plus en vous rendant : ici

Dis-moi comment tu écris…

J’avais envie de partager avec vous ces lignes lues dans la revue XXI dont je vous recommande fortement la lecture. Il s’agit d’une interview d’Ohran Pamuk, écrivain turc à qui l’on doit notamment Neige, Mon nom est rouge et Le livre noir.

Interrogé à propos de son rythme et de sa façon d’écrire, voici ce qu’il répond :

Actuellement, je travaille sur l’île de Büyakada, au large d’Istambul. Je m’endors chaque nuit à 22h30 pour me lever à 6h30. Je nage un peu et j’écris. Ecrire quand le monde est silencieux est un tel bonheur, vous oubliez les tracas du monde! J’ai la nature d’un moine et je suis un moine heureux quand mon imagination, libre, me satisfait.

En général, je travaille ici, à ce bureau, devant le Bosphore, mais je peux travailler n’importe où, à New York, dans les chambres d’hôtels… C’est une grande joie d’être écrivain et de se trouver emporté dans l’écriture d’un roman au point de n’avoir en tête, au moment de se coucher, que votre histoire. Quelques heures plus tard, au réveil, en pyjama devant un café, l’esprit encore un peu embrumé, je m’assois et je me plonge dans l’écriture.

J’écris tout à la main, c’est important. J’ai toujours été lent, je peux y passer huit ou dix heures mais j’écris, en moyenne, une page par jour. J’ai essayé d’utiliser l’ordinateur, mais mes habitudes étaient trop ancrées. Garcia Marquez a réussi à basculer. Pas moi. Le manuscrit et le papier sont importants.

Et vous, vous arrive-t-il d’écrire? Quand? Comment? Etes-vous papier ou clavier? Rapide ou lent? N’hésitez pas à laisser votre petit grain de sel dans les commentaires. Ça m’intéresse… :-)

A lire également dans le numéro 17 de cette revue XXI, un récit édifiant de Jean-Yves Moyart, le célèbre Maître Mo dont j’aime bien suivre le blog de temps en temps. Et tout plein d’autres choses qui vous passionneront et surtout vous réconcilieront avec la presse française… Tiens, d’ailleurs, je crois bien que je vais m’abonner.

L’incendiaire

C’est Wens qui m’a mise sur la piste de l’écrivain Stefansson avec un billet qui m’avait beaucoup tentée. Après la réservation de l’ouvrage et l’attente de rigueur, puis le vol éhonté du dit-livre par mon mari toujours à court de bons bouquins, j’ai enfin pu m’y plonger! Et j’ai apprécié cette première rencontre avec cet auteur de polars venus du froid islandais…

Avec un titre pareil, vous ne serez pas étonnés de savoir que le livre commence avec un incendie. La petite ville de – accrochez-vous… – Seydisfjördur a déjà connu un évènement similaire un an auparavant quand la maison du pasteur Adalsteinn avait brûlé. Deux incendies en si peu de temps pour une ville de cette taille, ça commence à faire beaucoup… La police de Reykjavik décide donc d’envoyer sur place l’inspecteur Valdimar Eggertsson afin qu’il traque le coupable…

Cette enquête va être l’occasion pour Valdimar de plonger dans les dessous – au propre comme au figuré… – de cette ville, paisible en apparence, surtout quand elle s’assoupit sous une tempête de neige, mais qui cache en réalité de nombreux secrets. Si les parents parviennent le plus souvent à donner le change, ce sont les enfants, et notamment les adolescents qui jouent les “symptômes” du malaise sous-jacent…

Peu à peu, le lecteur découvre, au fur et à mesure des progrès de Valdimar, des personnages confrontés à leurs pulsions, à leurs rêves évanouis et à leur propre médiocrité. Et qui semblent prêts à tout pour sauvegarder les apparences ou protéger ceux qui leur sont chers…

Un roman dense, bien écrit qui donne une vision un peu noire des petits villages perdus au fond des fjords mais avec lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde…

L’incendiaire, Jon Hallur Stefansson, Gaïa, 22 €

Dans le miroir des livres

J’avais cru y échapper mais l’œil perçant d’Olivia m’a repérée! Me voici taguée… Vous allez donc pouvoir découvrir mon portrait à travers mes lectures. Quelle chance, hein? ;-) Ah, ne me remerciez pas, je sais que vous en mouriez d’envie! (Petite précision, je me suis basée sur la liste de mes lectures, pas seulement sur les livres lus en 2011… )

Comment te sens-tu  ? :  Little Big Bang, Benny Barbash

Décris là où tu vis actuellement : Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu? : Indian Creek, Pete Fromm

Ton animal préféré : Les mains nues, Simonetta Greggio

Ton, ta, tes meilleur(e)(s) ami(e)(s) est(sont) : Une douce flamme, Philip Kerr

Toi et tes amis, vous êtes : L’invitation silencieuse, Didier Jourdren

Comment est le temps : Le poisson mouillé, Volker Kutscher

Ton moment préféré de la journée : A l’ombre de la fête, Marie France Versailles

Ton moyen de transport préféré : Les chaussures italiennes, Henning Mankell

Ta passion : La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

Le défaut qui t’horripile le plus : C’était pas ma faute, Kristof Magnusson

Le métier qui te fait rêver: Freedom, Jonathan Franzen

Ton histoire d’amour : Le temps des miracles, Anne Laure Bondoux

Qu’est-ce que la vie pour toi : Bonheur Fantôme, Anne Percin

Ta peur : La vie d’une autre, Frédérique Deghelt

Pensée du jour : Le vertige des auteurs, Georges Flipo

Comment aimerais-tu mourir : Comme des trains dans la nuit, Anne Percin

La condition actuelle de mon âme : Retour aux mots sauvages, Thierry Beinstingel

Ton rêve le plus cher : Le paradis des femmes, Ali Bécheur

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : Court noir sans sucre, Emmanuelle Urien

 

Mes copines de thé de samedi : Clara, Sylire, Fransoaz et Moustafette, si cela vous dit de reprendre ce petit jeu, je vous le transmets… 

La délicatesse

Je vous le dis toute de suite, je vais encore faire “couac” sur ce coup-là…

Eh oui, j’ai lu la Délicatesse et je n’ai pas été conquise. Je n’ai pas détesté non plus mais je suis restée en dehors de l’histoire, j’ai souri à quelques phrases bien trouvées, quelques formules qui font mouche mais cette première rencontre entre David Foenkinos et moi est restée des plus chastes et des plus tièdes. Je sais bien que je vais décevoir un grand nombre d’entre vous en annonçant cela sans préparation psychologique préalable.

Elle s’appelle Nathalie. Il se prénomme François. Ils s’aiment. Chabadabada. Mais voilà qu’un stupide accident vient bouleverser la vie de Nathalie en lui enlevant François. Nathalie se réfugie dans le travail. C’est sa manière de faire son deuil. Charles, son patron, amoureux at first sight essaie bien d’occuper la place laissée vacante mais rien à faire, Nathalie, qui aurait pu parodier Pialat, lui dit : Je ne vous aime pas!  Car Charles n’a pas ce petit truc en plus qu’on appelle la délicatesse…

A la place de Charles, Nathalie choisit d’embrasser Markus, comme ça, sur un coup de tête en quelque sorte (le genre de truc que je ne me risquerai pas à pratiquer…). Et Markus, bouleversé par ce baiser inattendu et impromptu, va peu à peu se rapprocher de Nathalie. Ils vont apprendre à se connaître. Nathalie va se rendre compte que sous son air insignifiant Markus cache de l’humour mais aussi une grande délicatesse. Il l’a, lui, il  l’a!

Happy Ending et générique de fin…

Vous l’avez compris, David n’est pas mon type. Je dois manquer de délicatesse. Je suis un peu comme Charles, moi, même si je ne mange pas des Krisprolls à longueur de journée. D’ailleurs, ce billet semble bien le prouver… Résumer La Délicatesse avec autant de nonchalance, c’est vraiment se moquer du monde, non?

Parmi celles qui ont aimé : Noukette est sous le charme, Lucie l’a “coupdecœurisé”…

Ah mais tiens, je découvre en regardant les liens que je ne suis pas la seule à avoir fait la moue : Gambadou est déçue, Mirontaine l’a trouvé bien léger… Merci les filles, tout d’un coup, je me sens moins seule…

La Délicatesse, David Foenkinos, Gallimard (what else?) 16€

Ecrire et être femme…

J’avais envie de partager avec vous quelques extraits de Lait Noir, d’Elif Shafak, auteure turque, qui aborde dans ce livre la manière de concilier (ou pas) écriture et maternité…

Une règle est restée inchangée jusqu’à nos jours : les écrivains masculins sont avant tout perçus comme des écrivains et ensuite comme des hommes. Quant aux femmes écrivains, elles sont d’abord “femmes” puis “écrivains”.

L’écriture romanesque est l’une des activités les plus égocentriques qui soient. Vous vous prenez pour le dieu de votre petit univers. La création est une immense addiction. Et tout écrivain est accro à sa créativité. Si vous n’avez pas votre dose quotidienne de cet élixir, vous êtes en crise de manque.

L’écriture romanesque est l’un des jeux les plus excitants qui soient. Seuls peuvent s’y livrer ceux qui ont toujours refusé de grandir et su conserver leur âme d’enfant. Vous devez d’abord croire à vos propres élucubrations pour que les autres puissent croire à vos fictions.

Le romancier est par nature égoïste. La maternité élimine l’égoïsme par les voies naturelles. Le romancier est tourné vers lui-même. Quant à la maternité, elle est on ne peut plus tournée vers l’extérieur.

Voilà quelques réflexions qui peuvent servir de point de départ à de longues discussions…