Archives pour la catégorie Polar

L’enquête russe

Revoici ce cher Nicolas Le Floch, toujours assisté de son fidèle Bourdeau!

L’enquête russe est le dixième tome des aventures du célèbre commissaire aux Affaires extraordinaires. En 1782, alors que la jeune Marie-Antoinette vient d’être mère, Nicolas est chargé de se concilier les faveurs du tsarévitch Paul, fils de Catherine II, grâce à un subterfuge mis au point par l’inénarrable Sartine : organiser le vol d’un bijou pour ensuite mieux le retrouver et le rendre à son propriétaire pour en faire un obligé…

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Swing

Un personnage principal saxophoniste… vous devinez que je ne pouvais pas ne pas lire ce livre! 😉

L’histoire se déroule en 1940. Le nazisme et la guerre commencent à faire leurs ravages en Europe. Les Etats-Unis, eux, ne sont pas encore entrés en guerre. A San Francisco, l’Exposition internationale du Golden Gate offre aux regards curieux ses pavillons élégants sur une île artificielle créée spécialement pour l’occasion.

C’est dans ce contexte que l’orchestre de Jack Donovan, dans lequel joue Ray Sherwood, le saxophoniste ténor de notre histoire, prend possession pour quelques jours de l’hôtel Claremont, à quelques encablures de l’Exposition.

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Bayard et le crime d’Amboise

C’est à l’occasion du Festival Rue des Livres, à Rennes, où j’ai eu le plaisir de rencontrer Eric Fouassier que j’ai fait l’acquisition de ce roman, premier volet d’une trilogie. Je n’ai pas tardé à me plonger dans ce polar historique et au bout de deux pages, j’étais déjà complètement absorbée par l’histoire…

L’action se déroule en 1498, au château d’Amboise. Le roi Charles VIII décède brutalement des suites d’une mauvaise chute. Tout le monde croit à un malheureux accident sauf Pierre Terrail, seigneur de Bayard, qui s’est récemment illustré par son courage et sa bravoure à la bataille de Fornoue. Ce dernier obtient du premier chambellan Philippe de Commynes et de l’épouse du roi, Anne de Bretagne, quelques jours pour mener son enquête, comprendre ce qui s’est réellement passé et surtout qui a pu commettre ce crime.

Il sera aidé dans sa quête par la délicieuse Héloïse Sanglar, fille d’apothicaire et femme de tête, qu’il a rencontrée lors d’un tournoi de jeu de paume. Face à eux, un assassin sans pitié mais qui semble n’être qu’un des rouages d’une terrible machination…

A la lecture de Bayard ou le crime d’Amboise, on devine que l’auteur, Eric Fouassier, a pris grand plaisir à faire ce bond en arrière dans le temps et à se couler dans une époque lointaine où l’hérédité et l’épée dictaient leur loi. L’histoire est menée tambour battant, avec une sorte d’allégresse à laquelle le lecteur ne peut pas résister. Tous les ingrédients du bon polar historique sont rassemblés : une intrigue bien ficelée, des rebondissements en série, des duels dignes du Bossu, des méchants prêts à tout et les beaux yeux d’une jeune femme auxquels notre héros ne peut résister…

L’auteur a fait de nombreuses recherches et s’est amusé à glisser ici et là quelques mots empruntés au passé. On devine qu’il a également porté une grande attention aux détails. Les vêtements, l’atelier de l’apothicaire, les instruments du bourreau, la disposition des salles du château sont si précises qu’on s’y croirait…

Loin des flics dépressifs venus du nord, ce Bayard pur et audacieux a tout pour séduire les lecteurs et les lectrices et il me tarde déjà de le retrouver dans la suite de ses aventures.

Allez Eric, au travail, vite, vite! 🙂

Le dévouement du suspect X

Yasuko Hanaoka vit avec sa fille dans un petit appartement. Ancienne entraîneuse, elle travaille désormais chez un traiteur et essaie d’oublier et son passé et son ex-mari dont elle a divorcé depuis cinq ans. Mais ce dernier finit par retrouver sa trace et vient la harceler. A bout, elle le tue.

Elle a à peine le temps de réaliser la portée de son geste que son voisin, Ishigami, un professeur de mathématiques secrètement amoureux d’elle, vient lui proposer son aide pour se débarrasser du cadavre et lui forger un alibi. Paniquée, effrayée à l’idée des conséquences de son geste si la police vient à enquêter, elle accepte.

Deux jours plus tard, on découvre un cadavre mutilé dont la police parvient cependant à définir l’identité : il s’agit de l’ex-mari de Yasuko. L’inspecteur Kunisagi est chargé de l’enquête. Il a parfois recours à son ami Yukawa, un brillant physicien connu pour ses facultés de déduction logiques. Or, il se trouve que Yukawa a jadis étudié dans la même université que le professeur de mathématiques Ishigami. Il se souvient notamment de sa remarquable intelligence…

Est-il plus difficile de chercher la solution d’un problème que de vérifier la validité de sa solution? C’est sur cette question que repose ce polar qui prend à rebours les codes du genre. On connait la victime, le coupable et les circonstances du meurtre. La question est alors : Ishigami parviendra-t-il à duper la police et son ancien camarade d’université pour protéger la femme qu’il aime?

Je me suis laissée emmener par ce polar jusqu’au dénouement qui réserve une surprise de taille. Plus psychologique que sanglant, basé sur les détails et leur fine analyse par les protagonistes que sur des « effets » ou une « recette » à l’américaine, ce roman policier ne m’a pas marquée autant que le précédent que j’avais lu du même auteur mais j’ai quand même passé un bon moment, sans ennui aucun.

Le dévouement du suspect X, Keigo Higashino, Actes Sud Noirs, 21€

Storyteller

Tom Valle est un journaliste qui a échoué dans une petite ville à deux cents kilomètres à l’est de Los Angeles à la suite d’une grave faute professionnelle : il a inventé des reportages de toutes pièces pour le grand journal national pour lequel il travaillait auparavant. Au Littleton Journal, il s’occupe des chiens écrasés. En l’occurrence, le jour où toute cette histoire commence, c’est sur un accident de la route qu’il va recueillir quelques témoignages…

Cet accident, à première vue banal, va le mettre sur la piste d’une histoire insensée. Peu à peu, Tom découvre que le mort n’est pas blanc mais noir, que l’autre automobiliste impliqué n’était qu’un figurant et que plus il tire sur la canne à pêche aux informations, plus l’affaire parait grosse…  La théorie du complot semble plus que jamais d’actualité mais qui voudra croire un journaliste doublé d’un menteur invétéré, un homme qui n’a plus aucune crédibilité?

Voyant là un moyen de se racheter, Tom Valle va néanmoins poursuivre son enquête, au péril de sa vie et découvrir des informations explosives…

Un bon thriller, bien mené et qui ne vous laissera aucune minute de repos. Les rebondissements, nombreux, vous poussent sans cesse à tourner la page. C’est tout un pan de l’histoire des Etats-Unis qu’on reviste avec Tom. L’écriture n’a rien d’exceptionnel et il y a quelques petits détails qui font parfois froncer les sourcils mais globalement, la recette marche et on n’a qu’une envie : connaître le fin mot de l’histoire.

Clara en a eu le souffle coupé. Ys a marché aussi. Et Keisha l’a trouvé suffisamment bien ficelé pour me donner envie de le lire…

Storyteller, James Siegel, Le cherche-midi, 21€

Sur la ligne noire

Encore une bonne surprise au rayon « polars » de la médiathèque.

Eté 1958. Le jeune Stanley Mitchell entre à peine dans l’adolescence quand il s’installe avec ses parents dans la petite ville de Dewmont, où son père vient de racheter un cinéma en plein air. L’été est brûlant dans cette partie du Texas et les occupations peu nombreuses. En se baladant avec son chien, Stanley découvre, enfouie dans la terre, une boite métallique qui contient des lettres et des fragments d’un journal intime.

Intrigué, il cherche évidemment à en savoir plus. Aidé de sa sœur Callie, de son copain Richard et du vieux projectionniste noir Buster, il veut comprendre ce qui a conduit aux deux drames simultanés qui se sont produits dans le passé : une jeune femme écrasée par un train, la nuit même où une autre périssait brûlée vive dans sa maison…

Dans une Amérique profonde où sévit encore la ségrégation et où la religion dicte les comportements, le jeune Stanley va peu à peu s’éloigner de l’innocence de l’enfance… et franchir cette ligne noire qui mène vers le monde sans fard des adultes.

L’époque est magnifiquement évoquée à travers quelques personnages emblématiques et des descriptions criantes de vérité. Un polar bien mené, plein d’humour et de noirceur, qui se lit d’une traite.

Il arriva dans sa voiture au moteur gonflé, avec des langues de flammes peintes sur les portières. Ses cheveux gominés formaient une espèce de sculpture qui rappelait la quille noire d’un bateau après un naufrage. Il portait une chemise rose et noire, un jeans aux ourlets remontés et, vous l’avez deviné, des chaussures en daim bleu, comme dans la chanson d’Elvis. Chester descendit lentement de sa bagnole, tel un dignitaire de la planète Rockabilly en visite sur la Terre.

Sur la ligne noire, Joe R. Lansdale, Editions du Rocher.

Les courants fourbes du lac Taï

Voici une nouvelle aventure de l’inspecteur chinois Chen que je suis épisodiquement depuis quelques années…

Cette fois, l’inspecteur est en vacances à Wuxi, dans une résidence réservée aux hauts dignitaires. La résidence est bordée par un lac immense, réputé autrefois pour son eau limpide. Las, la Chine a bien changé et le lac miroitant est extrêmement pollué par les usines environnantes. Or, peu de temps après l’arrivée de Chen en ces lieux, Liu, le directeur de l’usine de produits chimiques n°1 est assassiné. Les soupçons de la police se portent aussitôt sur les activistes écologistes qui se battent pour faire diminuer la pollution. Parmi eux, la belle Shanshan que Chen a justement rencontré dans une petite gargotte et au charme de laquelle il n’a pas été insensible…

Comme toujours dans les romans policiers de Qiu Xiaolong, l’enquête se déroule doucement mais sûrement. Sensible à l’environnement et à ceux qu’il rencontre, attentif au moindre détail et capable de pousser un témoin dans ses retranchements, Chen sait mener son affaire de main de maître, sans faire trop de vagues ni froisser le pouvoir. Outre l’enquête que le lecteur suit avec plaisir, l’intérêt de ce roman réside aussi dans le portrait qu’il dresse de la Chine aujourd’hui : un pays en développement et en mutation, avec tout ce que cela suppose de ravages mais aussi de nouvelles perspectives.

Un bon polar qui devrait satisfaire pleinement les amateurs du genre.

L’avis de Pierre Faverolle

Les courants fourbes du lac Taï, Qiu Xiaolong, Points. 

L’incendiaire

C’est Wens qui m’a mise sur la piste de l’écrivain Stefansson avec un billet qui m’avait beaucoup tentée. Après la réservation de l’ouvrage et l’attente de rigueur, puis le vol éhonté du dit-livre par mon mari toujours à court de bons bouquins, j’ai enfin pu m’y plonger! Et j’ai apprécié cette première rencontre avec cet auteur de polars venus du froid islandais…

Avec un titre pareil, vous ne serez pas étonnés de savoir que le livre commence avec un incendie. La petite ville de – accrochez-vous… – Seydisfjördur a déjà connu un évènement similaire un an auparavant quand la maison du pasteur Adalsteinn avait brûlé. Deux incendies en si peu de temps pour une ville de cette taille, ça commence à faire beaucoup… La police de Reykjavik décide donc d’envoyer sur place l’inspecteur Valdimar Eggertsson afin qu’il traque le coupable…

Cette enquête va être l’occasion pour Valdimar de plonger dans les dessous – au propre comme au figuré… – de cette ville, paisible en apparence, surtout quand elle s’assoupit sous une tempête de neige, mais qui cache en réalité de nombreux secrets. Si les parents parviennent le plus souvent à donner le change, ce sont les enfants, et notamment les adolescents qui jouent les « symptômes » du malaise sous-jacent…

Peu à peu, le lecteur découvre, au fur et à mesure des progrès de Valdimar, des personnages confrontés à leurs pulsions, à leurs rêves évanouis et à leur propre médiocrité. Et qui semblent prêts à tout pour sauvegarder les apparences ou protéger ceux qui leur sont chers…

Un roman dense, bien écrit qui donne une vision un peu noire des petits villages perdus au fond des fjords mais avec lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde…

L’incendiaire, Jon Hallur Stefansson, Gaïa, 22 €

The Dark Horse

Ceci est un billet totalement déloyal pour les adeptes de Craig Johnson qui ne lisent pas l’anglais. Aussi, vous avez le droit de vous abstenir de le lire sinon vous risquez de griller d’impatience et de saisir sans plus attendre votre méthode Harrap’s pour vous remettre à l’anglais. Sachez que l’auteur de ce billet dégage toute responsabilité quant aux effets secondaires (évanouissements, crises de nerfs, hyperventilation, etc…) qu’il pourrait avoir sur les lectrices. Lire la suite The Dark Horse