Archives pour la catégorie Humeur

Mon vieux copain…

Lui et moi, on se connait depuis quelques années. On s’était perdus de vue et puis on s’est retrouvés. Alors, maintenant que c’est officiel, je tenais à vous le présenter.

Je l’ai trouvé dans une petite boutique obscure à Pigalle. Il s’ennuyait ferme. Ses tampons étaient fichus. Il est né en 1984. Il a sans doute vécu de folles nuits, fait le bœuf plus souvent qu’à son tour. Il est rayé, usé, poli. Mais je l’aime!

Parfois, quand je le regarde, je me dis qu’il ressemble un peu à une usine à gaz. Pour se venger de ces pensées impies, il lâche un canard. Alors je serre les lèvres, j’ouvre ma gorge, je surveille ma colonne d’air et iiiiii, je sors la note la plus aigüe de l’alto.

Quand je joue la plus grave, on dirait que le Queen Mary entre dans le Port-Rhu!

J’aime l’idée qu’il ait eu une vie avant moi. Je l’ai surnommé Survivor.

Quelques clichés pour la route…

Voici les dernières photos de notre rencontre au lieu H, à l’heure H du jour J. J’avais oublié que je les avais prises… En les découvrant, mon mari m’a dit qu’elles étaient sympas et que je devrais les partager avec vous. Alors les voilà!

Elles ont été prises sur le vif, avec l’application Hipstamatic de mon iPhone… J’avoue que j’aime assez m’amuser avec les possibilités de cette petite chose. 🙂

J’interromps volontairement les programmes de ce blog pour quelques jours et je vous retrouve à la rentrée ici, sur Skriban, dans l’Atelier d’Ecriture et sur Moderne Solitude… (Waouh, trois blogs déjà! Il faut que je m’arrête là sinon je vais devenir une blogueuse compulsive!)

Bye bye! See you soon…

Un petit tour et puis retourne à ses moutons…

Un petit billet en vrac comme cet été breton qui alterne soleil et crachin…

Côté lectures, de belles surprises piochées dans le rayon jeunesse de ma médiathèque.

Mes deux Allemagne, de Anne C. Voorhoeve se déroule en 1988. Ce roman raconte l’histoire de Lilly, jeune allemande de l’Ouest dont la mère décède. Désormais, sa seule famille, c’est Lena, sa tante qui vit en RDA avec son mari et ses enfants. Lilly va tout faire pour les rejoindre – passer le mur dans le sens Ouest/Est n’est pas forcément facile non plus… – et découvrir alors un pays différent, des conditions de vie qu’elle n’imaginait pas et une famille dont elle ne savait rien. C’est un roman sensible et intelligent qui aborde les thèmes de la famille, de la loyauté, de la conscience (politique entre autres). L’héroïne est attachante, à la fois culottée et fragile…

Le monde attend derrière la porte, de Pascale Maret aborde la question de l’intégrisme religieux avec beaucoup de délicatesse et d’habileté. La jeune Sarah vit dans une famille Rigoriste. Les Rigoristes suivent des règles très strictes et cherchent à réduire au minimum le contact entre les membres de la secte et le monde extérieur, que celui-ci passe par les romans, le cinéma ou l’amitié. Mais Sarah en mûrissant supporte de moins en moins bien cet enfermement. Le monde extérieur l’attire et elle remet peu à peu en cause les fondements même de sa communauté. Un roman sans temps mort qui amène le lecteur à réfléchir.

Le monde de Marcelo, de Francisco X. Stork. Marcelo est un jeune homme de dix-sept ans atteint d’une forme d’autisme qui lui rend difficile la communication avec les autres. Un été, son père, à la tête d’un cabinet d’avocat, lui demande de venir travailler avec lui afin de le confronter au « monde réel » et de l’amener à faire des progrès dans ses relations à autrui. Marcelo, après quelques réticences, accepte. Au service du courrier, il travaille avec Jasmine, une jeune fille qui ne le traite pas comme un attardé. Il fait de gros efforts pour s’adapter au monde qui l’entoure. Il va aussi découvrir un dossier que traite le cabinet et qui l’amène à s’interroger sur les notions de Bien et de Mal. Aidé de Jasmine, il mène une sorte d’enquête et découvre que la Vérité n’est pas forcément confortable. Un roman qu’on lit d’une traite et un personnage principal d’une grande humanité. Je le recommande à tous, ados et parents…

Côté vacances, une belle randonnée assortie d’un pique-nique en famille. Nous étions du côté d’Audierne, un morceau du GR 34 que nous aimons bien. Au retour, une jolie plage nous a fait de l’œil et nous nous sommes baignés. La mer était à peu près aussi chaude qu’en avril… c’est à dire qu’elle devait faire 14 °… Mon fils y a trempé les pieds puis décrété qu’il allait falloir l’amputer…

Et puis je continue à m’amuser avec ma machine à coudre. J’ai fait deux sacs sympas pour ranger mon bazar…

Enfin, côté roman, telle une fourmi, je progresse dans mes corrections. J’ai l’impression d’être incapable de prendre le moindre recul, au moins pour le premier tiers que j’ai déjà beaucoup lu. La suite réussira peut-être à me surprendre un peu. Le titre que j’avais choisi étant déjà pris, j’ai intitulé mon histoire « L’ombre du séquoia »… Ça ne me satisfait pas complètement mais faute de mieux pour le moment… J’ai deux projets qui me trottent dans la tête et créent parfois des interférences. L’impression de partir dans toutes les directions mais de n’avancer dans aucune… Heureusement, c’est juste une impression!

Bonnes vacances!

The sun is shining over Brittany!

Le soleil brille! Vite, vite, je vous l’annonce avant qu’il ne disparaisse. Eh oui, trois jours de beau temps et voilà les plages bondées. Mmmh tous ces beaux gars musclés et huilés qui se jettent dans l’eau et s’ébrouent sauvagement dans une « so sexy attitude »…  Difficile de résister à ces corps apollonesques l’appel du large quand on voit ça :

Terrasses remplies, plaques minéralogiques de tous les pays (ou presque), ça sent vraiment l’été. Ici, un peu de soleil et aussitôt le paysage et les ruelles prennent un petit air grec… Tiens, je mangerais bien une spanakopitta moi! Et en dessert, vous me mettrez un yaourt au miel…

Malgré ces tentations permanentes, je continue à écrire pour terminer mon roman d’ici la fin de la semaine. Je m’accorde aussi quelques récréations de temps en temp. Deux ans de plus que Clara (c’est son anniversaire au fait, vous y avez pensé?) mais toujours en train de faire la maligne…

J’ai lu aussi quelques bons romans mais il fait trop chaud pour écrire de vrais billets. Alors je me contente de vous recommander, si vous êtes ado ou parent d’ado, l’excellent Métal Mélodie de Maryvonne Rippert. Luce, seize ans, rentre chez elle, un jour, après les cours, pour découvrir que sa mère est partie pour plusieurs mois… en Australie. Livrée à elle-même, la jeune fille qui, depuis quelque temps, réclamait sa liberté, se rend compte que tout n’est pas aussi facile qu’elle l’imaginait. Bientôt elle commence cependant à avoir des doutes : où est vraiment sa mère? Un vrai coup de cœur pour ce roman qui analyse finement les relations mère/fille, la période de l’adolescence et les premiers émois amoureux.

J’ai lu aussi Sobibor, de Jean Molla. Eprouvant mais bien mené et percutant. Arrêtez-moi là, de Iain Levison. Un bon roman sur les injustices de la Justice américaine. Et là, je suis plongée dans L’Armée Furieuse de Fred Vargas. Et j’avoue que je suis accrochée… Enfin, j’ai acheté Tricot Facile mais ou bien mes neurones ont fondu ou bien c’est un titre accrocheur et totalement mensonger. A moins que les instructions ne soient écrites en un patois hermétique au profane… Jugez plutôt :

Rg avec dim : (end. du trav.)11m, 2m ens. à l’end., 64 m, 1 surjet simple, 11 m. Cont. en côtes en dim. ainsi 1m de part et d’autre des 64 m centrales, tous les 4 rgs jusqu’à ce qu’il reste 82 m. Tric. 15 rgs.

Allô, Monsieur Champollion? Vous auriez quelques minutes? C’est pour un petit éclaircissement…

Enfin dernière info absolument capitale, j’ai gagné quatre petits livres de recettes chez Océane : Carambar, Petit Lu, Crème de Marrons et Lait concentré sucré. Moi qui croyais que ça n’arrivait qu’aux autres… Je sens que la tribu va me faire mettre un tablier de force et me sommer de les essayer les unes après les autres…

Ciao et baci a tutti!

Entre-deux…

Entre deux billets, je tenais à vous montrer un fragment de ma PAL qui s’est récemment agrandie. D’une part, nous avons désormais une belle librairie à Quimper où je sens que je vais aller user mes semelles très souvent. D’autre part, mon mari, rentré d’Edinburgh (à prononcer à l’écossaise, en roulant le « r ») m’a ramené quelques ouvrage en anglais. Voici ce que ça donne :

Pour ceux qui, comme moi, ont la vue qui flanche :

  • Rachel’s Holidays de Marian Keyes (conseillé par nombre d’entre vous à l’occasion du billet sur The other side of the story)
  • L’envoûtement de Lily Dahl, de Siri Hustvedt (une auteure que je veux découvrir…)
  • Un bonheur parfait de James Salter (rien lu de lui non plus je crois…)
  • La femme gelée, d’Annie Ernaux (vu récemment chez Asphodèle)
  • Field Grey de Philip Kerr (le septième tome des aventures de Bernie Gunther. Mince, je n’ai pas lu le n° 6!)
  • The saturday big tent wedding party d’Alexander McCall Smith
  • Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal (vu récemment chez Constance)
  • The importance of beeing seven, A. McCall Smith
  • L’homme dérouté de Gaëlle Nohant dont j’avais aimé l’Ancre des rêves

Pour le moment, je suis dans une période de rangement de mes étagères intérieures et extérieures. Peut-être un effet du printemps… ou des bougies que je vais bientôt souffler. J’ai doté mon bureau d’un tableau magnétique, d’un support à revues et d’un grand cadre contenant une quinzaine de photos de mes enfants – quand, autrefois, ils étaient petits… Avant elles traînaient, de guingois, retenues par de vieilles boulettes de patafix desséchée. C’était moche… Maintenant c’est clair, propre, ordonné. Je n’ai plus qu’à m’asseoir et à admirer…

En mai, fais ce qu’il te plait…

La formule « un texte et une photo par jour » vous avait plu alors je l’ai reprise pendant ces vacances où je ne suis pas vraiment partie mais où j’ai quand même voyagé…

Lundi 2 mai 

Aujourd’hui, j’ai reçu une carte postale. Ce n’est pas grand-chose me direz vous… Une photo sur un papier cartonné, quelques mots qu’on griffonne derrière, avant de reprendre l’avion, la voiture, le pédalo et de rentrer chez soi. Le timbre qu’on colle tout de travers pour ne pas rater la dernière levée… Mais cette carte-là, je l’attendais. Mieux je l’espérais. Ou plutôt, je ne l’espérais même plus.

Quand on déménage, on laisse derrière soi des souvenirs accrochés comme d’anciennes guirlandes, dans des arbres qu’on ne verra plus grandir, des cailloux ronds qu’on a jetés au fond des rivières en faisant des vœux et puis aussi des amis. On se dit que la distance, aujourd’hui, ça ne veut plus rien dire. Il y a le téléphone illimité, internet, skype et la poste. Ce ne sont pas les moyens de communication qui manquent. On se promet des week-ends et des visites. Et puis, inexplicablement, il y a des ratés, des mots qu’on envoie et qui semblent errer indéfiniment dans le cyberespace à la rechercher d’une réponse qui ne vient pas. On repense aux goûters partagés, aux dîners qu’on a pris ensemble, dans les rires et le chant des crapauds qui marivaudaient. On se demande ce qui se passe. On ne voit pas. On s’inquiète. On se sent coupable. De quoi? D’en avoir fait trop? Pas assez? D’être partis peut-être… Lire la suite En mai, fais ce qu’il te plait…

Loin du métropolitain…

… mon petit jardin a profité des beaux jours pour faire jaillir une jolie palette de couleurs. J’avais envie de la partager avec vous. Dommage que je ne puisse pas ajouter à ce billet le parfum de l’herbe coupée et le cri des goélands. Vous n’auriez plus, alors, qu’à vous concentrer très fort sur les photos pour vous trouver aussitôt transporté ici. Essayez quand même, on ne sait jamais… Et pour accroitre vos chances de téléportation, vous pouvez aussi fredonner cette chanson de Jacques Dutronc…

C’était un petit jardin

qui sentait bon le métropolitain

qui sentait bon le bassin parisien

C’était un petit jardin

avec une table et une chaise de jardin

avec deux arbres

un pommier et un sapin

au fond d’une cour

à la Chaussée d’Antin…






Tonight, the streets are ours…

C’est le titre d’une chanson de Richard Hawley, entendue dans le film de Banksy – Faites le mur! – que j’ai vu hier.
Un film punchy et une intéressante réflexion sur le « street art » et l’art en général, dans une société basée sur l’argent…

Voici la bande annonce accompagnée de la fameuse chanson qui me trotte dans la tête…

 

A la moitié du bout de mes peines…

Voici un petit billet en photos pour vous donner des nouvelles de l’histoire que j’écris. Bientôt deux cents pages… Ça donne plus de 61 000 mots en chiffres et ça en volume :

Comme je suis une fille maniaque plutôt organisée, j’ai besoin de savoir à peu près où je vais. Si on devait faire une comparaison maritime, eh bien on dirait que je ne sors pas sans instruments ni avoir pris la météo auparavant. Je fais des plans, parfois des patates pour situer tout le monde dans le schéma d’ensemble et surtout les liens des différents protagonistes, des colonnes avec le déroulement de l’histoire de chacun. Et puis tous les vendredis, je prépare le travail de la semaine suivante, je décline dans le détail – trois lignes – les épisodes à écrire. Le plus souvent, ça marche mais parfois, je reste en rade. Je tords les mots dans un sens, dans l’autre. Je vais me faire une tasse de thé. J’efface tout. Je recommence autrement. Je refais du thé. Rien ne me convient. Je ne le sens pas. Alors, je laisse tomber. Je vais au marché acheter des radis ou des maquereaux. Je discute avec Viviane ou Michelle. Je rencontre Philippe. Je vais sur la plage avec mon idiot de chien qui court après les goélands en gueulant comme s’il était sur la piste du gibier. J’écoute du saxo à dose mortelle pour qui n’est pas immunisé…Et puis, au moment de dormir, paf, l’Idée qui arrive comme un cheveu sur la soupe : je vais me servir de cette « panne » et la transférer au personnage, les phrases arrivent sur un plateau… Il n’y a plus qu’à les écrire. Oui, mais là, Cerveau, je t’explique, je vais dormir. On verra ça demain. Mon cerveau boude et déconnecte tout jusqu’au matin… Et là, vous vous dites : le lendemain, elle tout oublié… Mais non! Faut pas croire, mon cerveau n’est pas aussi idiot que mon chien… 😉

Donc, le matin, ça donne ça :

Graziella, pense Ludo, en descendant le sentier, il faut que je te dise. Hier, j’ai voulu t’écrire mais les mots se tordaient sur la page comme des vers. Ils ne voulaient pas rester en place, cherchaient à s’échapper. J’ai froissé la feuille et recommencé mais rien à faire. Je me suis entêté. Peine perdue. La moitié du bloc y est passé et je n’ai fait que remplir la poubelle avec des boules de papier. Alors, aujourd’hui, j’ai décidé de te parler. Si tu me voyais, seul à marcher entre les pins et les bosquets de fougères, parlant à une présence invisible! Heureusement, je suis seul et personne ne sait que je suis fou. Non, je ne suis pas fou, Graziella, mais ce matin, je souris. Un sourire indélébile.

 

Ah oui, les personnages. Il y en a les premiers rôles – fiches jaunes avec photo – et les secondaires – fiches vertes, sans photo… Des hommes, des femmes. Une roulotte aussi. Et une maison très particulière. Un séquoïa qui joue un grand rôle. Il a une fiche blanche lui. Si, si…

Il y a des jours de grande forme où l’on pourrait écrire des dizaines de pages et d’autres où l’on arrive à peine à trois. Parfois, je sais que j’ai été trop vite… Rarement trop lentement. Je synthétise comme une petite chimiste! Je passe, je me dis, on verra tout ça après. Parce qu’après la fin, eh bien ce n’est pas la fin. Loin de là… Mais ça, c’est une autre histoire…