Raconter la vie des autres n’est pas sans danger…

Je ne dis pas ça pour moi, mais pour Miss Buncle, l’héroïne de D.E Stevenson, une auteure écossaise qui disait à propos de ses romans :

I write about people everyone would like to meet,

ce qui est un bon point de départ, je trouve, quand on veut écrire des histoires…

Parce que la crise de 1929 est passée par là, les revenus de Miss Barbara Buncle ont fondu. Pour survivre, elle entreprend d’écrire un livre dans lequel elle transforme le petit village de Silverstream où elle vit, en Copperfield, achétype du village anglais. Sous des noms fictifs, elle décrits les vilaines petites manies de ses concitoyens. A sa grande surprise, le livre est accepté par le premier éditeur à qui elle l’adresse. Il parait sous le titre « Disturber of the peace ». Et effectivement, le roman de Miss Buncle va bouleverser la petite paix tranquille de ce village anglais, et avec elle la vie de ses habitants.

Paru sous le nom d’emprunt « John Smith », le livre déclenche l’ire de ceux qui se retrouvent dedans sous des traits peu flatteurs. Dès lors, la chasse à « John Smith » est ouverte et chacun veut régler ses comptes avec l’auteur. Personne n’imagine un instant qu’il se cache sous les traits de Miss Buncle, future vieille fille mal attifée et qui suscite davantage la pitié que l’envie…

C’est fin, drôle, écrit sans fioritures.

Un extrait (à mon goût délicieux!) qui évoque la perplexité de Miss Buncle face aux critiques :

Barbara tried in vain to arrive at some definite conclusion as to the merits of her book. But no sooner had one review plunged her into the depths of despair by saying that Disturber of the peace was dull as ditchwater, or perverted and immoral, and not fit for a respectable human being to read, that another cutting arrived, by the next post, informing all who cared to know that it was a charming book, clever, brilliant, elevating and supremely funny. It was certainly very puzzling. Meantime the sales went up by leaps and bounds and Mr Abbott sent her congratulatory notes and urged her to start another book at once on the same lines.

Une fois de plus, je dois cet excellent moment de lecture aux éditions Perséphone qui ré-éditent avec audace et finesse des romans écrits par des auteurs de la première moitié du XXème siècle, en majorité des femmes, sous des couvertures grises qui cachent de vrais petits trésors.

Miss Buncle’s Book, D.E Stevenson, Persephone

Products_Persephone_Bookscrédit image : Persephone Books

16 réflexions sur “ Raconter la vie des autres n’est pas sans danger… ”

  1. Euh, je ne trouve pas le titre du roman… pas celui écrit par Ms Buncle,mais par l’auteur ? Quoi qu’il en soit,je découvre un éditeur britannique grâce à toi !

    1. @ Kathel : ayé, je l’ai rajouté (quelle étourdie!) C’est Miss Buncle’s Book, tout simplement! 🙂 Tu peux le trouver dans d’autres éditions aussi, je pense, mais le charme des livres de chez Persephone est puissant! 🙂

  2. C’est marrant mais dès que je lis « écrit sans fioritures » je suis tout de suite intéressé. Et puis c’est une belle découverte parce que ne connais pas du tout cet éditeur.

  3. C’est très frustrant ton billet, je suis nullissime en anglais, a-t-on une chance de le lire en français dans un avenir proche?

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