Portrait(s) de la femme à l’enfant

Le hasard a voulu que je lise à la suite deux romans dont les sujets étaient très proches. Que ce soit dans L’arbre aux haricots ou dans L’Embellie en effet, le récit tourne autour d’une jeune femme à qui un enfant est confié, soit par une inconnue soit par une amie. Mais si le sujet rapproche ces deux livres, leur traitement est bien évidemment différent et mon avis va de l’enthousiasme à la déception…

Dans L’Arbre aux haricots, le lecteur suit les pas de Taylor Greer. Presque une jeune fille encore lorsqu’elle décide de quitter son Kentucky natal pour ne pas finir comme ses congénères, mariée à un imbécile et mère d’une tripotée de morveux. Ses économies lui servent à acheter une vieille Cox et à tracer la route. Mais alors qu’elle traverse l’Oklahoma, une femme indienne lui confie un bébé dans un couverture. Taylor poursuit donc son voyage avec cette petite fille et finit par arriver en Arizona. Là, sans plus aucune ressource, elle va se faire deux amies, découvrir un métier ainsi que la dure réalité des réfugiés des pays limitrophes. Et envisager de bâtir ce qui ressemble de loin plutôt que de près à une famille…

C’est un roman plein de punch qui se lit tout seul. Taylor est très attachante et la petite Turtle également. Pleine d’interrogations mais dotée d’un sacré caractère, Taylor avance dans la vie comme une boule d’énergie jusqu’à ce qu’une réalité qu’elle n’avait jamais envisagée la rattrape. Comme cela arrive souvent aux fonceurs, elle se trouve alors plongée dans un doute qui l’anesthésie complètement mais ses amies veillent… Tendre sans être mièvre, porté par un style énergique, L’arbre aux haricots fait partie des bonnes lectures qu’on a envie de recommander à ses amis.

Dans L’Embellie, l’histoire est un peu différente. L’héroïne, récemment séparée de son mari, accepte de prendre en charge Tumi, le fils de sa meilleure amie hospitalisée. Un petit garçon qui voit mal et a des problèmes d’audition mais qui va la suivre avec toute l’innocence de ses quatre ans dans son périple autour de l’Islande en plein mois de novembre. On retrouve dans ce roman la fantaisie d’Audur Ava Olafsodottir qui nous avait enchantés dans Rosa Candida mais contrairement à son premier roman traduit, j’ai trouvé qu’ici l’auteur était brouillonne. L’histoire part dans toutes les directions. Les personnages et les rencontres se multiplient et le récit qui se déroule en parallèle ne suffit pas à maintenir l’attention. Du moins, pas la mienne…

J’ai trouvé que l’ensemble mettait du temps à démarrer et le point final m’a cueillie alors que je commençais à peine à entrer dans l’histoire. Une déception donc pour moi que cette Embellie que j’ai supposée écrite avant Rosa Candida. Bingo! Elle date de 2004 et Rosa, de 2007… Entre-temps, l’auteur a travaillé son swing, d’où sans doute ce décalage, comme si une histoire était, sur le fond, l’esquisse moins travaillée de l’autre…

Dommage pour moi mais je pense que vous serez nombreux à apprécier ce roman. Cathulu en a fait un « énorme coup de cœur de cette rentrée littéraire ».

L’arbre aux haricots, Barbara Kingsolver, éditions Rivages, qui m’a été recommandé par Théoma

L’embellie, Audur Ava Olafsdottir, Zulma

Le dessin d’illustration est bien évidemment une œuvre de Modigliani.

25 réflexions sur “ Portrait(s) de la femme à l’enfant ”

  1. Comme je l’écrivais à Keisha il faudrait que je relise ce livre et sa suite… Je ne me souviens pas avoir été trop emballée…
    Quant à L’embellie, les avis sont partagés, je l’attendrai donc en bibliothèque.

  2. Bon, je l’avoue, j’ai craqué pour L’Embellie et j’ai l’impression que, comme Les vaches de Staline après Purge, on joue sur le succès d’un livre et on traduit le ou les romans précédents, un peu moins bons peut-être… Je verrai bien, j’ai envie de le lire, tu ne m’as pas refroidie (na !) Je n’avais jamais été attirée par L’arbre aux haricots par contre… mais évidemment tu réussis à donner envie, diablesse !

    1. @ Anne : oui, je crois qu’il y a de ça, on surfe sur le succès à court terme. C’est bien dans l’esprit de l’époque! Moi, diablesse? Allons, allons… L’arbre aux haricots date de 1988, c’est presque un classique. En plus on le trouve dans toutes les bonnes bibliothèques! 😉

  3. Le titre et le visuel du billet, plus le fait qu’après le WE mon GR explosait, eh bien je n’ai pas pris le temps d’aller y voir…
    Tu parles joliment du roman de Kingsolver (et j’espère que tu voudras continuer avec les personnages, non?) et quant à l’autre, ma foi, j’avoue que le premier m’avait plu mais sans grimper aux murs, donc aucun danger.
    Note que j’ai parlé avec Kent Meyers samedi, yes! Je ne risquais rien avec lui, car j’avais lu son bouquin…

  4. oui, un livre que l’on recommande à ses amis, tu as entièrement raison. Pour l’embellie… je l’ai noté… on verra. Je garde un bon souvenir du précédent mais il ne m’en reste pas grand chose…

  5. J’ai noté le premier depuis un bon moment (un jour viendra…) quant au second, tu me refroidis mais j’ai tout de m^eme envie de lire, vu le coup de coeur de Cathulu.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s