En chantier

Voilà typiquement le genre de livre qu’on referme sans savoir au juste que penser. On revoit alors ces profs de français qui nous rendaient copie, entre sourire et grimace, en laissant tomber un « c’est pas mal mais… « 

Oui, c’est pas mal mais…

Le narrateur est un écrivain en panne d’inspiration. Il vit dans un immeuble devant lequel s’étale le chantier d’un bâtiment en construction. Alternant cafés et cigares, l’homme se passionne peu à peu pour le spectacle qui se déroule sous ses yeux. D’abord comme un enfant qui aurait été privé de petites voitures, il s’intéresse aux engins, cherche leurs spécifications techniques, l’étendue de leurs possibilités. Puis il focalise son attention sur les ouvriers, les repère, connait même le nom de certains. Il pousse la curiosité jusqu’à faire l’acquisition d’une longue vue qui lui permet de détailler le contenu des gamelles du midi. Ce chantier, par contagion, finit par remettre son imagination en branle et le voilà bientôt qui retrouve le plaisir d’écrire. Une courte incursion en Auvergne lui permettra aussi de se rapprocher un peu de son fils adolescent qu’il connait si mal…

Voilà pour l’histoire. C’est ténu, même si l’on en apprend beaucoup sur les cigares et les caterpillars… Reste le style. Vif, précis, qui nous permet de cerner instantanément ce type, amateur de plaisirs solitaires et un peu égoïstes, snob et parfois drôle malgré lui. On sourit parfois, on s’agace aussi. La fin est-elle loufoque ou grotesque? Surtout on regrette que cette écriture nerveuse et percutante soit mise au service d’une histoire qui, dans deux jours, n’aura pas plus de consistance dans notre souvenir qu’un rond de fumée…

Alors un chantier oui. Mais inachevé…

En chantier, Yves Hugues, Stock

PS : sans le nom de l’auteur, mon petit billet avait un goût d’inachevé, lui aussi. C’est l’arroseur arrosé et vu ce qu’il tombe ce matin à DZ, je suis punie puissance 10!

20 réflexions sur « En chantier »

  1. Quel est l’auteur ?

    PS : si ton mari a de la place dans sa valise pour d’autres loukoums, j’en veux bien!!!!

    1. @ Clara : Yves Hugues, j’avais oublié d’indiquer son nom en effet… Merci! Pour les loukoums, c’est impossible : en transitant par DZ, ils n’ont aucune chance d’atteindre un jour Brest, ils seront mangés d’ici là! 🙂

  2. Tu ne l’as tellement pas envie de lui faire de la promo que tu en oublies de mentionner le nom de l’auteur (à moins que ce ne soit pure bonté d’âme de ta part) 😉

    1. @ ICB : non, non, ce n’était ni méchanceté ni bonté de ma part, simplement distraction… Le billet date puisque je l’ai écrit avant ma pause! Je n’ai même pas l’excuse de dire que je n’ai pas eu le temps de me relire…

  3. Rien que le thème…Il ne m’aurait pas tentée de toute façon ! En revanche, je compatis pour la météo désastreuse et si les loukoums n’ont pas le temps d’arriver à Brest, quid de BNZ !!! 🙂

    1. @ Asphodèle : un livre pris au hasard à la médiathèque. Parfois, c’est bonne pioche. Parfois c’est mitigé… Les loukoums, désolée mais c’est chasse gardée! 🙂

  4. Cela aurait pu être intéressant… mais il y a assez de très bons livres à lire !
    Ton mari a bien de la chance, rien que le mot « café frappé » m’évoque la Grèce, ailleurs je ne pense jamais à en boire !

    1. @ Kathel : moi, c’est pareil! Les cafés frappés, c’est un truc réservé à la Grèce. Comme les tranches de pastèques après la sieste ou les épis de maïs tout chauds vendus à la sauvette le soir…

  5. l’intrigue avait tout pour me plaire, ça avait tout pour pouvoir être consistant (le chantier). jusqu’à « incursion en Auvergne lui permettra aussi de se rapprocher un peu de son fils adolescent qu’il connait si mal ». ça fait mal, on rentre dans le bateau.
    et puis finalement le schéma du narrateur écrivain en mal d’inspiration, on connaît bien aussi, ça s’appelle l’égocentrisme du romancier, donc merci

    1. @ Constance : tu résumes ma pensée avec une limpidité qui me confond! 😉 j’espère que tout va bien pour toi… Des examens? Des trucs sympas en vue pour les vacances?

      1. c’est normal, je ne fais que réagir à ta chronique, très efficace pour laisser le fond de ta pensée s’imposer dans notre esprit, sans pour autant être trop méchante 😉
        (la suite par mail)

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