Ripeur

C’est sur les conseils de Midola rencontrée au festival Rue des Livres à Rennes que j’ai fait l’acquisition du premier roman de Jeff Sourdin (qui en a écrit un autre entre temps… ).

Ripeur, ça vous dit quelque chose? C’est l’équivalent du célèbre et politiquement correct « technicien de surface », mais au rayon « ordures ». Un ripeur est tout simplement un éboueur et c’est le métier que fait le narrateur de ce livre.

Deux ans de fac pour rien, des petits boulots qui ne menaient à rien et voilà notre narrateur salarié en CDI dans l’entreprise chargée du ramassage des ordures dans la région de Laval.

Après ses tournées très matinales, il se contente de se glisser la vie tranquille du petit village où il a élu domicile. Il partage quelques bières avec ses copains, quelques blagues avec ses collègues et essaie d’oublier une Nathalie avec laquelle il a vécu cinq mois de vie commune, trop commune sans doute puisqu’elle a fini par le quitter…

Le héros se demande où le mène son destin et s’il est condamné à perpétuité à ramasser les détritus de ses semblables. La vie vue du marchepied n’a pas tant de hauteur que ça…

Mais tout change le jour où il croise le regard d’une blonde bibliothécaire…

Je ne vous en dit pas plus. Le livre de Jeff Sourdin se lit avec grand plaisir. Plein d’humour et d’émotion, de rêves froissés jetés comme des boules de papier au fond d’une corbeille, rempli de descriptions qui sonnent juste, il a tout du premier roman réussi et donne envie au lecteur de suivre cet auteur à la voix singulière.

Seul bémol dans cette lune de miel littéraire, le trop grand nombre de fautes (j’en ai vu au moins quatre et le « chairement gagnée » de la page 105 me reste en travers de la gorge comme une arête car même mon correcteur d’orthographe le détecte!) Que fait l’éditeur? Que fait le correcteur? Vite, qu’on appelle la police orthographique…

Ripeur, Jeff Sourdin, La part commune, 13€

26 réflexions sur “ Ripeur ”

  1. Même chez les grands éditeurs, on voit passer des fautes assez impardonnables. Vu ton avis, je note, un éboueur, voilà qui n’est pas commun dans la littérature.

  2. Je suis contente que tu aies aimé. Je veux bien te faire parvenir Le clan des poissards si tu veux. On y retrouve son amour des mots, de rythmes, des rimes et puis ces personnages attachants et vrais.

    1. @ Midola : oui, une belle découverte grâce à toi… Pour la suite, je te remercie mais je vais attendre un peu, les livres-voyageurs n’en finissent pas de débouler chez moi, si je continue, je vais boire la tasse! 😉

  3. c’est une petite maison d’édition, ça doit être parfois dur de détecter toutes les fautes quand on est peu sur un ouvrage et qu’on doit travailler sur beaucoup d’autres à la fois… cela dit, la faute que tu cites en exemple est assez énorme.
    j’avais déjà eu le conseil de Midola à Rue des Livres, mais avec ton billet élogieux en plus, je ne vais pas pouvoir passer à côté. surtout qu’il est à la biblio, j’ai déjà vérifié.

  4. Moi aussi je suis noyée en ce moment entre les livres voyageurs et les S.P… tout en même temps ce mois-ci ! Le titre me dit quelque chose, je me demande même si je ne l’ai pas vu à une émission télé… Par contre les fautes, tu sais ce que j’en pense et je trouve ça inadmissible dès le moment où ce n’est pas de l’auto-édition (et même !). J’ai même appris récemment que certaines maisons d’éditions se servaient d’un ordinateur comme correcteur (trop cher un correcteur !), Ca me soulève le coeur car bientôt, à ce rythme il n’y aura plus un seul livre sans fautes, le livre « étalon » qui sert de modèle, ça me désole ! 😦

    1. @ Asphodèle : c’est effectivement de plus en plus rare de trouver des livres sans aucune faute… Si les éditeurs veulent rogner sur tout, qu’ils vendent de la salade ou des aspirateurs… mais pas de la littérature!

  5. Je ne connais pas le terme « ripeur » mais je suis persuadée qu’ils ont beaucoup à dire sur leur vie à « hauteur de marchepied ».
    Constance est adorable de trouver des excuses à cette petite maison d’édition qui fait du bon boulot au demeurant.

    1. @ Fransoaz : ce livre fait partie des bonnes surprises. La Part Commune propose des livres intéressants, c’est vrai… Ils manquent juste peut-être d’un œil averti!

  6. Ben tu sais que pdt un stage de chef du monde, j’ai fait riper??? Enfin, j’étais dans le camion pour observer et déjà c’était dur de monter dedans sans tomber…

  7. Bonjour, je viens de lire avec beaucoup d’intérêt le petit débat sur les fautes d’orthographes… Il reste des fautes dans mon livre et quelques coquilles liées parfois à la mise en page mais en ce qui concerne le « chairement gagné » ce n’est pas du tout une faute mais bien un choix stylistique de ma part, un jeu de mot sur le corps et la chair pour illustrer que le héros du livre souffre physiquement de ce trvail… Pour La Part Commune, pas de logiciel correcteur, seulement de nombreuses lectures de l’éditeur-correcteur (c’est la même personne) et de l’auteur. Merci pour votre billet. Au plaisir de vous croiser dans les salons et d’y poursuivre cette discussion.

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