Festival Rue des Livres à Rennes…

Tout a commencé dans une petite gare de province à 8H39… Le train en direction de Rennes se trouvait voie 2. Je suis montée, les portes se sont refermées, j’ai écrasé mon visage contre la vitre pour faire coucou frénétiquement à mon mari qui m’avait accompagnée jusqu’au quai. Nos adieux ont été déchirants (et mouillés, il pleuvait…) et j’ai presque failli tirer le signal d’alarme pour stopper le TGV dans sa course… Mais non, je me suis dominée. Après tout, des rencontres de blogueurs, j’en avais vu d’autres… Alors bien tranquillement, je me suis installée dans les fauteuils ergonomiques et colorés de la SNCF et j’ai mis Rhapsody in Blue, du Trio Gershwin dans mes oreilles.

A Lorient, j’ai retrouvé Joëlle et son mari, ainsi qu’Yvon. Nous avons assisté à une scène d’anthologie : un homme avait voulu accompagner sa femme enceinte et sa petite fille à l’intérieur pour déposer le bagage de Madame. Mais, comme dans un mauvais jeu vidéo, il n’a pas été assez rapide et a grillé sa dernière vie s’est retrouvé coincé à l’intérieur. Evidemment, entre Vannes et Rennes, il n’y avait plus d’arrêt… Ça a failli dégénérer entre le mari déconfit, le contrôleur agacé par son agressivité et la femme qui ne cessait d’annoncer à tout le wagon qu’elle était enceinte (merci, mais ça se voyait bien, pas besoin de sous-titres…). Jusqu’à ce que la petitounette de trois, levant le nez de sa DS vert pomme, résume bien la situation : « Papa, il fallait pas qu’il monte dans le train ». J’ai cru qu’elle allait se prendre une tarte, mais non… Une fois de plus, je constate qu’on peut apprendre beaucoup de ses enfants. Il faut simplement prendre le temps de les écouter… Mais je m’égare et vous n’êtes pas venus me lire pour des considérations ferroviaires. Alors passons à la suite.

Arrivés à Rennes, nous avons retrouvé Sylire et Gambadou qui nous a pilotés jusqu’au festival.

Une fois sur place, quelle n’a pas été ma surprise en voyant une foule de blogueuses en délire se jeter littéralement sur Sorj Chalandon qui n’a pas eu l’air de trouver ce traitement trop amer. Sourires en cœur, yeux doux, chats dans la gorge à cause de l’émotion, mines effarouchées de fan au bord de la transe : il a eu le droit à tout! Eh, les filles, ne niez pas, je vous ai vues! J’ai eu l’impression que l’auteur y prenait goût – après la griserie de la Guinness, il goûtait là un nectar aphrodisiaque et puissant… –  puisqu’après le déjeuner, il est venu se joindre à notre petit groupe.

De gauche à droite: moi, Joëlle, Gambadou, Sandrine,

Enna, Sylire, Sorj (Sorrjjj!!!), Canel qui se cache,

Géraldine qui penche du côté où elle va tomber,

Mireille, Emilie, Constance.

Yvon n’est pas là, il est jaloux de Sorj je crois… 

Vous allez vous moquer de mon ignorance crasse mais il y a quelques semaines encore, je croyais que Sorj était un prénom féminin… Bon, ça y est, vous avez fini de rigoler? Je dois dire que comme Géraldine (qui penche sur la photo, non pas en raison du fort vent d’ouest mais plutôt d’une attraction fatale…) je suis tombée sous le charme de cet auteur humain, sympathique et drôle qui a parlé avec beaucoup d’émotion des raisons qui l’ont amené à écrire Mon traître et Retour à Killybegs.

Il a également évoqué, au cours du débat de l’après-midi, son travail de reporter en Irlande et ailleurs. Du choix des mots qu’il opérait lorsqu’il écrit un article, afin que le lecteur ait l’impression d’être là, à côté de lui, spectateur comme lui de ce qui se déroule sous ses yeux. Journaliste le jour, écrivain la nuit, Sorj Chalandon a l’habitude d’associer une musique à la fiction qu’il écrit. Il la passe en boucle, finit par l’oublier, ne plus y faire attention. A tel point qu’elle devient presque hypnotique et qu’il lui suffit, un jour ou une semaine après, de l’écouter pour se retrouver exactement à l’endroit où il en était resté dans son histoire… C’est O’stravaganza, un disque qui mélange musique de Vivaldi et musique irlandaise qu’il écoutait lorsqu’il écrivait Retour à Killybegs (bon, je ne savais pas que Sorj était un homme mais O’stravaganza, ça fait au moins dix ans que je l’écoute, alors, gardez vos moqueries pour vous, hein…)

De gauche à droite : Patricia Reznikov, Gérard Landrot, Sorj Chalandon

et l’animateur du débat dont je ne connais pas le nom…

A midi, nous avons déjeuné dans ce que l’on appelle La Cantine des Auteurs. Service rapide et sympathique, repas délicieux – je crois qu’Enna ne vient que pour les desserts de cette cantine-là mais chut… il parait qu’il ne faut pas le dire…). La discussion entre Yvon, Constance, Enna et moi n’a pas vraiment porté sur les auteurs mais plutôt sur les études (de Constance), Jersey (qu’Enna connait bien et où j’ai bien envie d’aller), les salons du livre qu’Yvon pratique. A l’autre bout de la table, il s’est sans doute passé des choses mais à quatorze, difficile de suivre toutes les conversations… Vous en saurez peut-être plus en allant lire les comptes-rendus de mes petites camarades…

Après le déjeuner roboratif et le débat qui ne l’était pas moins, il ne nous restait plus qu’à faire un dernier tour de piste pour trouver quelques livres à rapporter. J’ai opté pour Ripeur, de Jeff Sourdin sur les conseils de Midola et Bayard et le crime d’Amboise d’Eric Fouassier, un auteur dont je vous avais déjà parlé  et que j’étais ravie de rencontrer. Il entame avec ce nouvel ouvrage une trilogie de polars historiques qu’il me tarde de lire…

16h45 : il était temps de rentrer… Sous la conduite habile de Gambadou, nous avons fait le chemin en sens inverse. J’ai testé le petit fauteuil au fond de la Peugeot et je dois dire que je n’imaginais pas pouvoir me plier à ce point-là mais je l’ai fait et j’en suis fière! Nous avons bisé notre coach-accompagnatrice puis Sylire qui repartait dans le Finistère Nord, seule mais lestée du dernier Sorj Chalandon (hum, hum, sans commentaires…). Le train était bondé et je me suis retrouvée loin de mes congénères du Morbihan. J’en ai profité pour commencer Ripeur avant de ressortir mon casque, mon iPod et d’écouter la Rhapsody encore une fois…

La nuit tombait sur la Bretagne. Les flaques, dans les champs, reflétaient l’ultime clarté d’un ciel nettoyé par la tempête. Les champs mauves succédaient aux bois noirs. Les lumières s’allumaient dans le lointain. Je filais dans la nuit, heureuse, ravie, accompagnée par cette musique entêtante… Rhapsody n’est pas O’stravaganza… c’est pour ça que mon histoire à moi s’appelle « Retour à DZ ».

Un petit tour à Rennes. Et puis voilà!

Les autres comptes-rendus : Sylire, Enna, Gambadou… s’il y en a d’autres, qu’elles se dénoncent dans les commentaires! 😉

63 réflexions sur « Festival Rue des Livres à Rennes… »

  1. Hi hi hi! Tu as bien observé la « groupie attitude »…mais tu es tombée sous le charme! Bon, je me suis dénoncée sur ma gourmandise dans mon billet, hein! 😉 J’ai été vraiment très contente de t’avoir rencontrée, avec cette impression que ce n’était pas la première fois! Étrange cet internet quand même 😉

    1. @ Enna : pour le gourmandise, je ne vais pas te jeter la pierre, je suis au moins aussi gourmande que toi! 😉 Et pour Sorj non plus, d’ailleurs, puisqu’il mérite largement l’intérêt qu’on lui porte. 🙂

  2. Oh quelle chouette journée !! Tu m’as bien fait rire aussi (excellentes tes observations dans le train aller). J’ai rencontré Sorj Chalandon 2 minutes à Lille, le temps d’une dédicace, il est vraiment charmant, attentif, disponible… et je n’avais même jamais lu aucun de ses bouquins !!!

  3. Excellente ta narration.
    Ravie d’avoir fait partie du lot.
    Mon petit plus a été la rencontre de Tommaso Pincio,auteur italien(Rome) qui ne parle pas français :une aubaine pour moi.
    Avant midi,il y a moins de monde, c’est extra.
    Et,comme on dit : »Un acte réussi tend à être renouvelé »

  4. A vous lire les unes et les autres, on pourrait presque croire qu’il n’y avait qu’UN seul auteur cette année à Rennes .. hum hum .. Cà rigole bien chez les bretonnes, une année il faudra que je me joigne à vous, histoire de voir çà de mes propres yeux.

    1. @ Aifelle : c’était un peu ça… A part Eric Fouassier, que j’avais repéré dans la liste, et deux autres qui malheureusement n’étaient pas là, je n’ai pas eu grand-chose à me mettre sous la dent. Et comme Sorj était déjà très pris… 😉

    1. @ Enna : je suis allée le lire tout de suite… Merci! On mange bien dis, à Jersey… Voilà qui ne peut que plaire aux gourmandes que nous sommes! 🙂

    1. @ Miss Orchidée : j’ai découvert qu’Enna et toi étiez non seulement voisines mais aussi amies! Dommage que tu n’aies pas pu venir… Merci pour tes commentaires élogieux, ça fait toujours plaisir. 😀

  5. Excellent ton compte rendu 🙂 et juste ! Je me demande comment Sorj Chalandon n’est pas parti en courant tout de m^eme. Il n’est pas farouche !

    1. @ Sylire : Merci! 😉 M’enfin, imagine toi en homme, avec dix ou quinze femmes qui papillonnent autour de toi en te disant qu’elles aiment, adorent, ce que tu as écrit… Tu pars en courant toi? Nooonnnn… tu en redemandes! 😉

  6. J’aime les observations du train !
    Je sens qu’il va falloir que j’approfondisse (enfin que je fasse connaissance) avec cette nouvelle coqueluche littéraire !

  7. J’adore tes compte-rendus mais celui-ci est « touchant » ! Pliée en deux de rire car le seul que je connaisse dans ces auteurs c’est Soj justement ! Vu à La Grande Librairie à la rentrée où son humilité m’avait surprise (par rapport à certains, y’a pas de mal !) et même si je n’ai toujours rien lu de lui, je n’y manquerai pas dès que j’en aurai le temps… Belle brochette de blogueuse, j’ai remarqué Gwen que tu te mettais toujours sur le côté sur les photos ? T’es claustro ? 😆 Je vais aller lire les autres, histoire de faire connaissance car hormis Sandrine et Enna (un peu), je ne vais pas sur les autres blogs … ce sera réparé… 🙂

    1. @ Asphodèle : claustro, non mais je déteste être « coincée », de quelque manière que ce soit… Ça va du pull dont l’encolure est trop étroite à l’embrassade prolongée. Merci miss Aspho!

  8. J’imagine la frayeur du pauvre Sorj Chalendon en voyant cette harde de groupies hystériques se jeter sur lui, et l’acculer au point de ne lui laisser d’autre choix que de subir leurs élans enthousiastes et soupirs énamourés 😀

      1. @ Enna : en tout cas, il n’avait pas l’air de trouver cela trop difficile à supporter! J’ai même cru voir une étincelle malicieuse s’allumer dans son regard… 😉

  9. Droit de réponse.
    Au sujet de Sorj Chaladon, j’ai beaucoup d’estime pour le journaliste (seul français ayant couvert les « Troubles » d’Irlande du Nord, enfin à ma connaissance). Par contre, je suis moins enthousiaste pour son roman « Le traitre » !
    J’étais pendant ce temps là à une conférence avec Tomasso Pincio (dont les dédicaces sont assez délirantes) et je faisais connaissance avec une des créatrices des éditions
    « Asphalte », ainsi de celle de quelques romancières, Claire Fourier et Valérie Brun pour ne pas les nommer.
    J’œuvrais également avec la responsable de communication du salon du livre de Concarneau pour la mise en ligne de quelques blogs au-dit salon!
    Bises et à bientôt.
    Yvon

  10. C’est une jolie journée 🙂 pleine et amicale, parfaite image d’une bloggo heureuse, j’aime !(Et pour Sorj, on ne peux t’en vouloir ^^)

    1. @ Wens : c’est pas moi, c’est les autres qui se sont jetées sur lui… Mais j’avoue que les hommes sensibles, ça ne me laisse pas insensible… 😉

  11. je n’ai pas encore écrit mon compte-rendu, mais ça va venir, et surtout j’étais très contente de rencontrer tous ces blogueurs/blogueuses que je connaissais virtuellement pour la plupart. ça a quelque chose de drôle et de naturel, ces rencontres : le contact passe très bien mais il y a cette frontière entre réel et virtuel qui se trouve brisée, et l’image que l’on avait du blogueur se transforme légèrement avec le prisme de la réalité, plus précise, parfois différente, toujours intéressante. tu ressembles beaucoup à la personne que j’imaginais de toi, si tu t’interroges, mais même là, il y avait une part de surprise. bref, ça fait plaisir.
    et désolée d’avoir beaucoup parlé de mes études pendant le repas, à force d’y être 5 j/7 et 24h/24 (l’internat est un vrai bouffe-vie), j’ai l’impression de me focaliser un peu dessus, alors que ce n’est pas vraiment intéressant 😉
    PS : et j’assume parfaitement le terme de groupie de Sorj Chalandon, même s’il y en avait des plus exaltées que moi (je ne citerai pas de nom). je me demande juste quand ce sera ton tour de rejoindre le cercle…

    1. @ Constance : totalement d’accord avec toi. Et pour la discussion sur les études, ça m’a intéressée, détrompe-toi… Je suis curieuse de nature alors tout m’intéresse, à priori! 😉 J’ai emprunté Mon traître à la médiathèque, premier pas pour entrer dans le cercle je pense… 🙂

  12. Excellent compte-rendu … j’ai bien ri avec ta narration de « l’incident » 😉 Et je pense que Sorj Chalandon n’a pas du savoir ce qui lui arrivait quand il a vu toutes ces femmes fondre sur lui ! mdr !

  13. J’aurai mis le temps à la trouver la rue des livres dis-donc! Quel reportage grandiose! Comme je commence à être familière de ce genre d’évènement et de la bande déjantée des blogueurs, je me sens en osmose totale avec vous. J’adore les sièges sncf et les papas qui se sentent indispensables aussi!

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