Tous les trois

Ne me demandez pas pourquoi j’avais envie de le lire. Je n’en sais rien… La couverture peut-être. Ou bien la collection, toujours parfaite dans ses choix. Quand j’ai vu que Gaël Brunet faisait partie des auteurs invités à Carhaix, je n’ai même pas cherché à me raisonner. J’ai acheté son roman et bien m’en a pris!

Tous les trois, c’est l’histoire d’un jeune père qui perd sa femme prématurément et doit soudain assumer seul le quotidien avec ses deux jeunes enfants, Jean (quatre ans) et Louise (trois). Durant une année, le lecteur suit ce deuil douloureux qu’il doit faire sans bruit, ces journées tristes et radieuses à la fois, où il faut continuer à manger, à jouer, à chanter et ne surtout pas pleurer mais où le souvenir de l’absente reste toujours aussi obsédant.

L’écriture de Gaël Brunet suit avec une grande douceur ce jeune papa, fil-de-fériste de la vie, qui avance au-dessus du vide et de l’anéantissement, avec son seul courage pour garder l’équilibre. C’est un beau portrait d’homme sensible qu’il nous livre là, tout en pudeur, un homme qui par amour pour ses enfants reste du côté de la lumière et reprend peu à peu pied.

Tout sonne juste dans ce roman – à part peut-être un manque de musique dans la vie de ce professeur de saxo, mais cet avis est évidemment dicté par des considérations toutes personnelles… Les trois personnages principaux sont infiniment touchants mais il y a également de superbes personnages secondaires…

Avec les enfants, nous nous sommes, tous trois, réfugiés dans leur chambre. J’ai refermé la porte tandis que Jean et Louise se retiraient encore davantage, dans la petite toile de tente en forme de maison fleurie. Je les ai rejoints  et ensemble, nous avons baissé les deux volets d’étoffe rouge. Je me suis assis sur le sol, sur le carré de moquette, et les ai pris dans mes bras. Ils étaient tous deux collés contre moi. Sans bouger. Les yeux fermés. Comme pour oublier. S’oublier. S’abandonner à leur tour et ne plus avoir à triturer ce sentiment bizarre et flou, non maîtrisé, que l’innocence de leur jeunesse s’était envolée. Des poupées de chiffon abandonnées là dans le fragile espace de mes bras esseulés.

Un premier roman d’un auteur plein de talent à découvrir absolument. Et ce qui ne gâche rien : il est très sympathique! N’est-ce pas Sylire? D’ailleurs, il nous a confié qu’un deuxième opus était déjà en préparation.

Ah oui, j’oubliais : le roman de Gaël Brunet a obtenu le prix de la ville de Carhaix, édition 2011.

Tous les trois, Gaël Brunet, Le Rouergue, 2011, 16€

21 réflexions sur “ Tous les trois ”

    1. @ Yv : justement à l’occasion du salon de Carhaix, nous avons parlé du référencement des romans de cette collection du Rouergue en librairie et l’auteur nous a dit que la maison d’édtion étant passée dans le giron d’Actes Sud, ça allait peut-être permettre une plus grande visibilité… Hope so!

  1. Tu as raison de souligner le choix judicieux du jury de la ville de Carhaix.
    C’est un très bon début, ils ne peuvent être tous des « Jenni »!
    « Tous les trois » m’inspire bien.

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