Les yeux au ciel

Pour les soixante-dix ans de son mari, Noé, Marianne a décidé d’organiser une grande fête en invitant tous ses enfants et ses petits-enfants. Au cours d’un long week-end, ils se retrouvent tous dans la grande maison de Saint-Lunaire où le vieil homme s’est exilé pour sa retraite. C’est une famille recomposée qui se rassemble car Noé a eu un fils lors de son premier mariage.

Ces retrouvailles sont l’occasion, pour les uns et les autres, de renouer avec leur passé, de retrouver ce qui faisait le sel de leur enfance. Chaque personnage s’exprime tour à tour et si chaque voix fait penser au détail d’une mosaïque, c’est peu à peu une image d’ensemble qui se dégage. Celle d’une famille qui s’est calcifiée sur la mort d’une enfant, enfouissant ses secrets et ses chagrins, pour continuer à vivre, malgré tout. Cette famille, c’est un peu la vôtre, c’est un peu la mienne et c’est sans doute ce qui permet au lecteur de se glisser aisément dans cette histoire où les apparences sont, évidemment, trompeuses.

De l’adolescente délaissée par ses parents à la jeune mère qui ne veut pas voir la dépression qui la guette, de l’aïeul qui ne sait plus trouver les mots pour parler à ses enfants devenus adultes à la mère jalouse qui applique la loi du Talion, du mari pièce rapportée et pris pour un con à la fille qui n’assume pas vraiment ses désirs : vous retrouverez dans ce roman cet air bien connu des familles qui s’aiment mais se déchirent.

J’ai apprécié ce week-end un peu houleux, avec les uns et les autres, même si j’ai trouvé, par moments, que l’auteur « chargeait un peu la mule »… tant cette famille semble accumuler drames et déboires. Mais c’est finement écrit, bien vu et l’ensemble sonne juste. Une lecture qui a la douceur et la chaleur d’un plaid en mohair. Celui qui vous enveloppera, quand la nuit venue, vous ouvrirez la première page de ce roman…

Merci à Dialogues Croisés. 

Les avis de Constance et d’Antigone.

Les yeux au ciel, Catherine Reysset, Editions de l’Olivier.

28 réflexions sur « Les yeux au ciel »

  1. Un bon roman, je n’en disconviens pas. mais pas le temps pour l’instant. Et puis je sens l’accumulation de problèmes là dedans, non?

    1. @ Clara : je pense qu’il pourrait te plaire, en effet. On entre tout de suite dans l’histoire et les personnages – du moins, certains… – sont attachants. Enervants, aussi par moments!

  2. Je suis un peu comme Keisha, on dirait qu’il y a un condensé de problèmes familiaux dans ce livre, je n’ai vraiment pas besoin de ceux des autres, ça fait trop…

    1. @ Ys : c’est un peu le problème quand on écrit une histoire de « famille » : le lecteur peut s’identifier facilement mais il peut aussi avoir eu son quota de soucis personnels et ne pas vouloir en rajouter…

  3. je suis d’accord avec toi pour le côté dramatique un peu artificiel : tant d’évènements pour une seule famille ne semble pas très réaliste. en plus, ces évènements se présentent comme des problèmes : c’est encore pire.

    les personnages et les relations entre eux semblent aussi construits d’une manière un peu artificielle en regard de la société actuelle. l’image commune de la famille moderne, c’est la famille recomposée, alors il y a un demi-frère dans le lot. la dépression est un problème très dénoncé aujourd’hui, alors il y a une personne au bord de la dépression. la mort d’un enfant est un thème qui prend à coeur la société, alors il existe un enfant mort. le couple homosexuel est de plus en plus accepté aujourd’hui (il n’y a pas une série où tu ne trouveras pas un homo un moment ou un autre, tu as remarqué ? je dirais même que c’est « à la mode » d’en mettre un dans les séries, voire d’en connaître un), alors il y en a un dans le roman. des couples qui divorcent, il y en a à la pelle, alors on en trouve un. et c’est presque toujours comme ça. enfin, c’est mon impression bien sûr.

    mais comme tu le dis, ça reste une lecture agréable, plus « détente » qu’autre chose tout de même

    1. @ Constance : ton commentaire est très pertinent! C’est vrai qu’il y a un melting-pot de situations qui colle de près à la société actuelle et aux courants qui la traversent. Cela reste léger mais quel souvenir en garderons-nous? That is the question!

      1. ma lecture date de deux mois et demi et j’ai déjà dû relire mon billet pour m’en souvenir, alors ça ne m’a pas beaucoup marqué ^^
        et avec le recul, je commence à voir le côté exagéré et artificiel du livre, en plus.

        les livres que j’ai lu au même moment me sont beaucoup plus restés en tête (dont Spooner de Pete Dexter, je ne sais pas si tu l’as lu, mais c’est un livre qui m’a convaincu à la lecture et sur lequel je n’ai pas changé d’avis avec du recul : je te le conseille)

  4. Je l’ai noté chez Antigone, les commentaires me font réfléchir, surtout celui de Constance, bon je verrai bien, de toute façon je n’ai pas de creux en ce moment côté lecture.

    1. ce n’est qu’une impression, tout le monde n’est pas obligé de la ressentir. cependant, je crois que c’est une lecture dont on peut largement passé à côté : il y a tellement de choses mieux !

  5. C’est vrai ce que dit Constance. Certains livres que l’on aime bien sur l’instant ne résiste pas à l’épreuve du temps et cela ne se compte pas en année mais en mois! Parfois, il faudrait avoir du recul pour écrire nos billets. Mais l’erreur est humaine. Quand on voit le nombre de prix Nobel ou Goncourt qui sont tombés dans l’oubli!

    1. @ Claudialucia : pour bien faire, il faudrait les lire deux fois et voir s’ils survivent à ce double tamis! Je crois qu’il y aurait alors beaucoup moins de billets de blogs! 😉

  6. Un peu partagée à te (vous) lire. A priori un livre dans lequel j’aime me plonger.
    je te souhaite beaucoup de bonheur en compagnie d’Albileen, Minnie, Skeeter et les autres…

    1. @ Fransoaz : oui, ce n’est pas un livre indispensable, c’est certain. Quant à la Couleur des sentiments, je suis presque au bout. Il m’aurait « duré » le temps du week-end…

  7. Bonjour. Quelle belle manière de conclure ton com  »
    Une lecture qui a la douceur et la chaleur d’un plaid en mohair. Celui qui vous enveloppera, quand la nuit venue, vous ouvrirez la première page de ce roman…

    Aprés cela, on ne peut qu’avoir envie de la lire. Merci

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