Le baby-sitter

Au départ, c’est un livre voyageur de Keisha que je devais recevoir mais qui s’est perdu sur la longue route des livres… Aussi, quand le roman est sorti en poche, je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais de découvrir Jean-Philippe Blondel. Voilà comment ce livre a, pour finir, atterri entre mes mains…

Alex est en première année de fac. Très vite, il prend conscience que sa bourse d’études ne lui permettra pas de joindre les deux bouts et il décide de faire du baby-sitting. Il est loin de se douter que cette décision – et ce petit boulot en apparence inoffensif – vont considérablement bouleverser sa vie. Car garder les enfants de couples inconnus, c’est aussi faire intrusion, sans le vouloir, dans leur vie, leur maison, leurs relations, leurs problèmes et risquer de faire entrer de grands courants d’air dans leur univers bien réglé… En réalité, Alex n’a pas vraiment choisi ce job par hasard. Il aime aller vers les autres. C’est instinctif, il n’y peut rien…

Mine de rien, ce roman aborde cet âge indécis, entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte. Une période où l’on veut s’amuser et en profiter mais où l’on fait aussi connaissance avec les premières vraies responsabilités et les devoirs – ceux qui vont avec les droits. On sent que l’auteur a mis de lui-même entre les lignes. Peut-être à cause de cette tendresse que l’on ressent pour Alex et de cet attachement que lui éprouve pour les gens qu’il dépanne le temps d’une soirée et souvent plus… Jean-Philippe Blondel dit bien les tiraillements, les doutes, les impulsions suivies et aussitôt regrettées. C’est un roman sensible que j’aurais bien aimé faire durer plus longtemps…

Alex repartira une demi-heure plus tard. Il aura toujours l’esprit occupé. Tellement occupé que ça en deviendra agaçant. Il alternera des moments d’énervement contre tous ces gens qui l’empêchent de respirer librement et de devenir ce qu’il est, et les moments d’exaltation pure où il aura brutalement l’impression d’être exactement au centre du monde, au centre de son monde en devenir. Il souffrira une fois de plus de cet étrange écœurement, lié à la sensation de ne faire que monter et descendre des montagnes russes dirigées par un forain sadique. Il souffrira encore de l’absence de sens.

Les avis de : Leiloona, Keisha Saxaoul et In Cold Blog (qui, par ses billets éloquents, m’a donné une énorme envie de découvrir Blondel…)

Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel, Pocket

29 réflexions sur « Le baby-sitter »

    1. @ Keisha : ah, ce Baby-sitter… je l’imagine bien allongé, les doigts de pied en éventail, un cocktail à la main, sur une plage des Caraïbes… Tout s’explique! 😉

  1. C’est amusant, ton billet se concentre plus sur le personnage d’Alex alors que moi, c’était surtout celui de Marc qui m’avait « parlé » (inutile de te dire que je suis content que tu apprécies Blondel).

  2. Je l’ai déjà noté mais j’en ai déjà plusieurs de lui qui m’attendent dans ma PAL (et depuis un moment en plus !). Alors je crois que celui-ci attendra encore un peu 😉

  3. J’aime beaucoup la plume de cet auteur et j’ai dévoré d’une traite ce roman. La scène avec le bébé à la fin du récit m’a hantée longtemps…

    1. @ Armande : il faut dire qu’elle est particulièrement dramatique… L’auteur a une plume légère pour raconter parfois des choses très lourdes. Voilà pourquoi il nous enchante… 🙂

  4. je l’ai rencontré au salon du livre et j’ai acheté son dernier, voulant découvrir un livre de lui que presque tout le monde n’a pas encore lu. l’air sympathique et avec l’envie de partager parce qu’il m’a demandé si je l’avais lu, mais sa dédicace est quelque peu orgueilleuse (allez, je partage : « pour constance, bienvenue en G229… un théâtre de poche avec des acteurs terriblement et puisamment humains. avec toutes mes amitiés » (et oui, « puisamment » écrit avec un seul « s » 😛 ))

  5. Ce qui m’a le plus marqué dans ce livre c’est que ce baby-sitter est confronté à des problèmes d’ados et en même temps à ceux d’adulte (tu le dis aussi).
    J’ai lu plusieurs fois cet auteur, de bons livres, jamais de coups de cœur.
    « Les hommes sirènes » cherche(nt)midi depuis ce matin!

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