Notre petite vie cernée de rêves

Le titre de ce livre jeunesse doit avoir un effet magique car il m’a suffi de le lire pour décider de l’emprunter, sans même connaître l’auteur ou le résumé. C’est ça le plaisir de la lecture aussi parfois : aller au devant de la surprise, qu’elle soit bonne ou non.

L’histoire se passe dans l’Amérique des années 60. La société de consommation en est à ses premiers balbutiements. La mère d’Albert se bat toute la journée durant avec des machines qui n’en finissent pas de casser, de se bloquer, de tomber en panne. Elle rêve d’un mari dynamique et performant, gagnant suffisamment bien sa vie pour vivre à Beverly Hills. Mais le père d’Albert n’est qu’un courtier en assurances qui soigne son spleen d’homme moderne et de mari frustré à coups de Martinis. Coincé au milieu, Albert ne va guère mieux que ses parents. Passionné de lecture et de jardinage, il n’a rien du mec cool qu’il rêverait d’être. Il ne peut même pas briller en sport, où il est nul… Ni Richie, ni Fonzie, il est le type qui rase les murs pour éviter de se faire remarquer et moquer…

Un soir, il fait la connaissance d’un voisine, Orpha Woodfin. Octogénaire à l’œil pétillant et à l’esprit vif, Madame Woodfin vit dans une maison délabrée, posée au milieu d’un jardin sauvage et rempli de détritus. D’abord méfiant, le jeune Albert succombe vite au charme de la vieille dame qui s’adresse à lui comme à un adulte – lui donnant du Monsieur Scully -, partage avec lui son goût pour la littérature et lui raconte sa vie d’ancienne actrice prodige. Ensemble, ils citent Thoreau et Shakespeare… Au contact de Madame Woodfin, Albert comprend qu’être différent n’est pas forcément un handicap. Au contraire.

Ce roman initiatique a un style particulier – un peu daté peut-être – mais il se laisse lire avec bonhommie. La vieille madame Woodfin est attachante avec sa manière de prendre  la vie du bon côté. Quant à Albert, il symbolise parfaitement cet entre-deux qu’est l’adolescence. Le message final – Tout est possible, il suffit d’y croire – est très « américain » et dans la France sarkozyenne, où l’on frise l’overdose de slogans creux, ça coince un peu mais cela n’enlève rien au charme un peu farfelu de ce petit roman…

Notre petite vie cernée de rêves, Barbara Wersba, Thierry Magnier éditions.

Les avis de Leiloona (-) et de Gawou (+) pour faire bonne mesure…

16 réflexions sur « Notre petite vie cernée de rêves »

    1. @ Juliette : il y a de belles choses dedans… Moi, personne ne m’a fait l’article, donc ça a été une surprise… Le documentaire d’Arte hier, sur l’obsolescence programmée m’a fait penser à la mère du garçon qui se plaint continuellement que ses machines tombent en panne…

    1. @ Richard : par ton métier, tu dois sans doute t’intéresser à la littérature jeunesse, non? Merci d’être passé… moi, je suis les blogs en dilettante en ce moment! Bises.

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