Invitation pour la petite fille qui parle au vent

Plus que le roman, c’est d’abord la démarche de l’auteur qui a retenu mon attention. Sébastien Fritsch, en effet, après avoir vu trois de ses romans publiés par diverses maisons d’édition, a choisi, pour ce quatrième ouvrage, de se tourner vers l’auto-édition. Ce choix étonnant a éveillé ma curiosité et de fil en aiguille, j’en suis venue à lire ce fameux roman « Invitation pour la petite fille qui parle au vent ». Prévenue par Clara et Aifelle, je n’ai pas été suprise par la construction « en puzzle » du roman. L’auteur s’est, en effet, amusé à mélanger les époques et les personnages, rendant ainsi son histoire tout sauf linéaire… et le résumé, par la blogueuse que je suis, plutôt ardu!

Le personnage central, le pivot de ce roman, est Thomas, tour à tour enfant, étudiant, père et grand-père. Il est en quelque sorte la ligne directrice, voire la poignée à laquelle le lecteur s’accroche quand l’histoire prend des allures de Grand Huit. Autour de lui, gravitent famille et amis dont on découvre peu à peu l’histoire. Celle de l’enfance de Thomas est confuse. Orphelin, adopté puis sans famille, il n’a que des souvenirs parcellaires de ses premières années. Il faudra toute l’obstination de sa fille pour qu’on découvre enfin qui était cette petite fille qui parlait au vent… C’est une histoire qui brasse les époques et les questions : comment naît l’amour? comment aimer? qu’est-ce que le courage? la vie n’est-elle que violence? quelle est la forme d’une absence? la beauté est-elle vraiment un avantage?

J’ai été agréablement surprise par ce roman et je l’ai lu assez vite, impatiente de connaître le fin mot de l’histoire. La construction du roman est intéressante mais peut aussi déstabiliser le lecteur. Elle permet néanmoins d’approcher les personnages, un à un, et de voir émerger peu à peu l’histoire, dans toute sa cohérence, comme si celle-ci sortait de la brume. Les contours deviennent plus nets, le récit prend forme, et l’on s’attache à ce médecin, sa femme, ses enfants, son assistante – un très beau personnage de femme – aux trajectoires peu ordinaires… Le revers de cette qualité, c’est que j’ai parfois éprouvé comme un excès d’originalité, comme si le trait, forcé, s’annulait lui-même.

En conclusion, un roman bien écrit, qui sort des sentiers battus et que sa construction hors-normes peut servir ou… desservir, selon le lecteur.

Invitation pour la petite fille qui parle au vent, Sébastien Fritsch, Editions Fin mars début avril, 17€

18 réflexions sur « Invitation pour la petite fille qui parle au vent »

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