Un endroit où se cacher

Ce roman de Joyce Carol Oates, spécifiquement destiné à la jeunesse, débute dans le bleu. Cet endroit doux et confortable où la jeune Jenna – quinze ans – va se réfugier en pensée. Elle était en voiture avec sa mère et brutalement, en effet, elle se retrouve sur un lit d’hôpital, gravement blessée. Sa mère n’a pas survécu à l’accident. Grâce à un anti-douleur puissant Jenna peut éviter de penser pendant quelques jours. Mais bientôt, son état s’améliore, elle reçoit des visites de sa famille et se pose alors la question de «l’après».

Elle refuse d’aller vivre chez son père qui a refait sa vie, en Californie. Elle finit donc par aller chez Caroline, la sœur de sa mère, qui est mariée et a deux petits enfants. Mais malgré tout l’amour que ces parents de substitution lui prodiguent, Jenna n’arrive pas à dépasser son deuil, sa solitude, son handicap (provisoire), sa colère et surtout sa peur. Elle cherche à être la plus transparente possible et n’aspire qu’à une chose : qu’on la laisse tranquille. Il faudra qu’un autre évènement grave survienne et qu’un jeune homme lui tende la main pour qu’enfin, elle puisse songer à reprendre une vie « normale »…

J’avoue avoir été un peu déçue par ce roman qui m’a semblé reprendre certains éléments d’un autre livre de Joyce Carole Oates – Zarbie les yeux verts – que j’avais lu précédemment. Le père dur et obnubilé par son travail et l’argent, la tante douce et compréhensive, l’adolescente mal dans sa peau qui griffe pour se défendre… Au final, les conséquences de l’accident se confondent avec la crise d’adolescence et diminuent l’impact de l’histoire. Des pistes sont suggérées (l’addiction au médicament, la tentation de la drogue… ) mais pas vraiment explorées. Le message final – il faut dépasser sa peur pour vivre – m’a paru simpliste et lu de nombreuses fois. Un ouvrage qui n’apporte pas grand-chose et laisse une impression de «facilité»…

Je vais encore passer pour un cœur de pierre car les avis recensés sur Blog-o-Book sont unanimes : un livre fort, douloureux, puissant, qui en a retourné plus d’une…

Un endroit où se cacher, Joyce Carol Oates, Wiz/Albin Michel, 13,50 €

14 réflexions sur “ Un endroit où se cacher ”

  1. J’avais lu d’elle « nous étions les Mulvaney », vraiment très bien mais rien depuis. J’ai l’impression qu’elle reprend toujours les mêmes thèmes (ce qui ne m’empêchera pas de la relire,ceci dit).

  2. C’est vrai que c’est un livre destiné à un public adolescent, d’où un peu de simplisme dans le message… mais je me suis laissé emporter tout de même !

  3. Elle écrit tellement qu’elle ne peut écrire que des chefs d’oeuvre! De plus un écrivain écrit toujours sur les mêmes thèmes quand il est sincère (et qu’il n’écrit pas sur les thèmes à la mode pour être lu). Le tout est de savoir s’il a toujours des choses à dire ou s’il ressasse. Moi aussi je te conseille Les Muvaney et aussi Chutes; je ne sais pas comment on pourrait rester indifférent à ces deux romans. Les autres sont moins forts, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont obligatoirement mauvais. « La fille du fossoyeur » est un bon roman sur l’enfance; plus classique, il est vrai, donc moins original! Pas un chef d’oeuvre, mais un bon bouquin!

  4. J’ai noté les deux titres jeunesse de cette auteure que tu cites mais vu ce que tu en dis, je vais éviter de les lire trop rapprochés … comme ça, j’aurais oublié les détails et aurais moins tendance à les trouver similaires !

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