40 ans, 6 morts et quelques jours…

Victor Rizman est un auteur trapu. Pas du genre de ceux qui écrivent des lignes de vent et mettent au point des intrigues légères comme l’écume. Non, Victor Rizman c’est du lourd, du solide, des personnages qui ont les pieds sur terre et les mains dans le cambouis.

Le narrateur, publicitaire, quadragénaire, va un soir déposer son sac d’ordures sur le trottoir. Choc. Il se rend compte que dans ce sac, c’est toute sa vie. Des déchets, un gâchis et de l’air autour. Il décide alors que c’est le moment ou jamais de changer. Pas changer de femme ou de voiture, comme le font ses amis. Non, changer radicalement. Mettre au rebut le costume de boy-scout en costard et Rolex et passer dans la cour des grands. Voilà, c’est décidé, il sera serial-killer… Aussitôt dit, aussitôt fait, le voilà qui élabore une stratégie pour trouver les victimes idéales et mettre dans sa poche la presse locale. Eh oui, ces efforts ne serviraient à rien s’ils ne lui permettaient pas d’atteindre les sommets de la célébrité.

Il choisit donc un journaliste – Vulcain Sanglar – qui sera son porte-parole. Car Sanglar a bien raté sa vie, lui aussi, et il a une belle revanche à prendre sur les « propres sur eux » qui le toisent dans la salle de rédaction. Le journaliste ne se le fait pas dire deux fois et il saisit d’emblée tout le bénéfice journalistique qu’il peut retirer de ces crimes et de leur mise en scène.

Enfin, dernier personnage important : le capitaine Joël Schmidt, sorte d’Adamsberg de province mais dans une version encore plus hérmétique, noire et complexe…

Personnages denses et travaillés, qu’ils soient principaux ou secondaires (une mention spéciale pour Bruno et ses bergères, et Sanka et ses proverbes dignes des plus délirants cadavres-exquis…), intrigue originale, tordue et retordue, critique de la société du spectacle et du monde de la publicité, analyse fine et drôle sur la vie de couple, la paternité, la manipulation et le sens de la vie : il y a dans ce roman tous les ingrédients pour faire passer au lecteur un bon moment. Un polar pas comme les autres, qui mérite le détour pour son côté atypique, et totalement assumé.

Moi je tue et que personne ne vienne me dire qu’il n’y a jamais pensé. Essayez, vous verrez que c’est passionnant et bien plus facile que séduire, acheter, conquérir…

Trapu, je vous dis…

Les avis de Pickwick et Keisha

40 ans, 6 morts et quelques jours, Victor Rizman, Emotion Works, auto-édition, 12€

 

18 réflexions sur « 40 ans, 6 morts et quelques jours… »

  1. Il est sur ma LAL .. et comme je ne veux pas faire grossir ma PAL, il va y rester encore un moment. Il faut bien se résigner à ne pas pouvoir TOUT lire.

  2. Chère Gwneaelle ,
    bon, je ne suis pas trapu, je suis svelte, élancé, racé, bien proportionné ….
    Trapue, mon écriture, peut-être !!!! moi ? non !
    merci pour ce billet bien torché, je vois qu’on se comprend.
    Blague a part et sincèrement si c’est pas trop loin, je veux bien avoir qques idées de mes » erreurs de jeunesse »s pour améliorer le second.
    merci

    V.

    1. @ V. Rizman : Cher Victor, je ne m’appelle Gwneaelle mais Gwenaëlle, Gwen, Gwenny pour les intimes! 😉 Blague à part, j’avoue qu’il faudrait que je me replonge dans votre roman pour évoquer ces « erreurs de jeunesse » car ma lecture remonte à quelque temps déjà. Je jette un coup d’œil cette semaine et je vous dis ça…

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