L’empoisonneuse d’Istambul

Depuis que Le Che s’est suicidé, je suis toutes les aventures du commissaire grec Kostas Charitos. Il faut dire que dans la famille, on a un petit faible pour la Grèce et tout ce qui s’y rattache. Il était donc impossible de passer à côté de ce policier athénien, amateur de souvlakis et de tyropita, flanqué d’une femme, Adriani, un peu compliquée sur les bords et qu’il ne manie pas toujours avec le doigté qu’il met dans ses enquêtes et gaga de sa fille unique, Katérina, qui fait de lui ce qu’elle veut… Eh oui, ils sont comme ça, les papas grecs, fous de leur fille (j’ai des noms!).

Cette cinquième enquête commence pourtant  presque bien. Kostas et sa femme sont en vacances à Istambul. Bon, d’accord, c’est surtout pour se remettre du refus de leur fille de se marier à l’église et se changer les idées… mais enfin, le tourisme agit comme un baume apaisant sur le cœur des deux parents mortifiés. Adriani fait les boutiques et Kostas se régale de pâtisseries très sucrées… Jusqu’au jour où le commissaire est abordé par un écrivain grec qui cherche à retrouver la nourrice qui l’a élevée. Maria, une nonagénaire, semble s’être volatilisée depuis son arrivée à Istambul. Or, il semblerait qu’elle ait quité la Grèce juste après avoir empoisonné son frère. Bientôt, on trouve un second cadavre… La vieille dame aurait-t-elle perdu la tête?

Pour éviter tout incident diplomatique entre ces frères ennemis que sont la Turquie et la Grèce, Charitos est prié de collaborer discrètement à l’enquête de son alter ego turc, Murat, et de veiller à ce que les meurtres ne créent pas de tensions…

Voilà un polar comme je les aime (même si j’avoue ne pas être totalement objective sur le coup…). De l’humour, beaucoup d’humour. Quand on connaît un peu la Grèce et ses habitants, on savoure les commentaires in petto de Charitos, son attitude, ses réactions, son côté « méditerranéen ». Surtout dans cet ouvrage où la traditionnelle animosité greco-turque transpire de manière parfois comique… Des cadavres mais pas de scènes sanglantes. Des personnages secondaires savoureux (Adriani et ses crises, Guikas, le supérieur du commissaire, les voyageurs qui font partie du groupe… ). Bref, un bon moment de lecture, une enquête menée l’air de rien et une fin qui, telle une note finale, donne toute sa profondeur au mouvement…

Extraits :

Charitos et les complexes. Il a la trentaine, une stature sportive et un air ironique qui me tapent déjà sur le système car j’y distingue la supériorité de la vaste Turquie sur la petite Grèce de rien du tout. Evidemment, c’est sur ce genre d’attitude que se rapprochent ou au contraire se fâchent les hommes en uniformes, qu’ils soient policiers ou militaires de fortune. Parce que, tout bien considéré, la petit Grèce de rien du tout est bel et bien aujourd’hui la Grèce de l’Union Européenne et la Turquie n’est autre que le parent pauvre frappant comme un sourd à la porte orientale de notre communauté de nations.

Charitos et la gourmandise. Je commande un ekmek. C’est à dire, selon les standards turcs, deux couches d’ekmek comme ceux que l’on trouve chez nous et un couche de kaïmak. L’ekmek est un entremets à base de pâte, de beurre et de sirop, le kaîmak est une crème fraîche si épaisse qu’on doit la couper au couteau.

Charitos et sa femme. Je n’aurai donc pas tout perdu, me dis-je. A tout le moins, j’ai appris que lorsque ma tendre moitié me fait une scène, elle ne le fait que par devoir conjugal. Il est donc inutile que je me prenne la tête dorénavant.

L’empoisonneuse d’Istambul, Pétros Markaris, Seuil Policiers, 20€

Merci à Dialogues Croisés pour cette réjouissante lecture.

2 réflexions sur “ L’empoisonneuse d’Istambul ”

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