Les yeux jaunes des crocodiles

Depuis si longtemps déjà, j’entendais parler de Katherine Pancol et je n’avais rien lu de cette auteure qu’on plaçait sur le podium des triomphantes, avec Anna G. et Amélie N., les killeuses de la littérature. Celles qui vous écoulent des millions d’exemplaires avec une régularité de métronome. Celles dont les magazines féminins sont friands et dont ils dévoilent les secrets de beauté, l’emploi du temps surchagé et les adresses (parisiennes of course!) préférées…

Quand j’ai pris livraison du pavé que représente Les yeux jaunes des crocodiles, je n’étais pas convaincue d’arriver un jour au bout. Je ne m’attendais, à vrai dire, à rien de spécial et c’est peut-être la raison pour laquelle j’ai été suprise. Au fur et à mesure de la lecture, je me suis sentie m’attacher peu à peu aux personnages, m’intéresser à leur vie… Sans m’en rendre compte, je tournais les pages. J’étais ferrée. J’avais envie de gifler l’une, de botter les fesses de l’autre et de croiser le regard du troisième. Mais, ma lecture était double. Eh oui, on ne me la fait pas à moi… D’une part, je suivais les aventures de Joséphine, personnage central de ce roman, cette petite fille devenue grande mais toujours mal dans sa peau, que son mari abandonne pour une manucure, que sa fille et que sa sœur aînée Iris méprisent gentiment et qui dans ce premier tome, sort de sa chrysalide pour devenir magnifique papillon…. D’autre part, mon œil bionique décryptait la recette, évaluait la quantité de chaque ingrédient (amour, jalousie, déception, envie, rêves, richesse…) et retrouvait en tous points les préceptes des adeptes de « creative writing » dans la manière de donner vie aux personnages, dans la façon de rendre vraisemblable chaque péripétie (quoi que là, c’est parfois un peu gros…), dans le souci du détail des décors, des lieux, etc… A la manière de Flaubert, qui faisait du « creative writing » sans le savoir, en voyageant pour trouver le lieu idéal, en enfonçant les racines de ses histoires dans le quotidien, en « pompant » ses idées dans les faits divers et les anecdotes…

Ne me faites cependant pas dire ce que je n’ai pas dit. Pancol n’est pas Flaubert…. mais elle écrit des histoires qui « marchent » parce qu’elle travaille beaucoup l’avant-écriture, que ses personnages, c’est vous, moi, le voisin d’en face ou l’inconnu aperçu derrière la vitre fumée de sa voiture de luxe, parce qu’il y a du rêve dans son récit et que sous chaque ligne, court une énergie qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la vie, mais en mieux! Lire ce genre d’histoires, c’est comme absorber une tisane euphorisante, un jour de pluie. A la manière de nombre d’auteurs américains, Katherine Pancol applique donc une recette, pragmatique, efficace qui assure au lecteur un goûter savoureux et roboratif, et à l’auteur, des royalties phénoménales…

Le risque, c’est qu’à force, tous les romans se ressemblent un peu et que les lecteurs ne se lassent… Après la nourriture mondialisée, la littérature globalisée? Pas sûr que tout le monde en redemande, du roman Mousseline et de la péripétie Danette…

Les yeux jaunes des crocodiles, de Katherine Pancol, Gallimard, sorti en poche… Suivi de La valse lente des tortues et de Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ( à moins que ce ne soit le mardi?)

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