Quand les loups avaient des plumes…

Le livre d’Isabelle Cousteil parle de ce temps dont vous ne vous souvenez plus. Ce temps béni, cet âge d’or où vous n’étiez qu’un petit d’homme, un bébé. Pas encore éduqué, ni dressé, surtout pas inhibé. Un petit rien du tout, sans dents et sans mots qui n’avait que son regard, ses sourires et ses pleurs pour s’exprimer.

Loup  aura bientôt cinq ans quand le récit s’ouvre. Conscient qu’il va bientôt entrer dans un autre âge, peut-être celui qu’on appelle « de raison », il entreprend de narrer à la grande personne que vous êtes, que je suis, sa préhistoire d’humain. L’histoire débute dans les limbes du liquide amniotique et suit pas à pas la naissance puis la croissance de ce petit garçon. Les parents, les amis, la maison, les objets, tout est vu à hauteur d’enfant.

Avec beaucoup d’originalité, de douceur et de tendresse, l’entrée de Loup dans la vie est racontée sous forme de journal. Des premiers sourires aux premiers pas, en passant par les gros chagrins et les bêtises (scène d’anthologie pour tous les bébés du monde!). Si ce livre n’a pas l’attraction magnétique d’un bon polar, on suit néanmoins avec plaisir et entrain les aventures de Loup. Point de mièvrerie ni de langage bébé dans ce roman. Au contraire, c’est un regard aiguisé et déjà très lucide que Loup porte sur le monde. Et c’est peut-être ce qui m’a le plus enchantée : cette capacité à restituer de manière juste le regard que les enfants portent sur leur environnement. Ce regard d’une grande sagesse, plein de sagacité et cette capacité à poser les questions les plus pertinentes et souvent aussi les plus dérangeantes que l’éducation semble ensuite vouloir absolument éradiquer.

Extrait :

Une chose m’épate : ils sont tous intimidés, mes visiteurs. Je ne m’attendais pas à cela, croyant les adultes toujours sûrs d’eux. Face à un nain de mon acabit, ils sont un peu comme ces éléphants qui grimpent en haut d’un tabouret lorsque paraît une souris. C’est que l’on puisse être si petit qui les impressionne? C’est peut-être tout simplement le surprenant constat que j’existe en chair et en os, que j’aie quitté la forme abstraite d’un ventre ceint de larges écharpes pour leur ressembler, en réduction, en moins fini… C’est mon regard, je le sens, qui ne peut s’empêcher de fixer le leur.

Merci à Sylire et aux éditions Triartis, pour l’envoi de ce livre qui m’a permis de découvrir un nouvel éditeur et une bien jolie collection!

Anne aussi a été enchantée…

Quand les loups avaient des plumes, Isabelle Cousteil, Editions Triartis, 15€. Un cadeau idéal pour toutes les mamans!

2 réflexions sur “ Quand les loups avaient des plumes… ”

  1. J’avais envie de partager avec vous ce petit coup de soleil au coeur :
    après la nomination de ma nouvelle « Une femme de bonne volonté » au Concours International de la Nouvelle George Sand, je viens d’apprendre que
    « Quand les loups avaient des plumes »
    était élu parmi les « MEILLEURS NOUVEAUX ROMANS 2010 » par le comité de lecture des bibliothèques de Paris.
    Donc mise en valeur dans les bibliothèques et communication au salon du Livre 2011 !
    Belle journée à vous, merci encore de tout coeur pour votre coup de pouce avec votre critique… et votre amour des livres !
    Isabelle Cousteil

    1. @ Isabelle Cousteil : je suis vraiment enchantée pour vous! C’est une belle récompense pour un livre qui le mérite amplement. Bonne continuation Isabelle et régalez-nous encore de vos textes!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s