Avec les olives

Nous sommes en 1938. Sur les rives du lac de Côme, la petite ville de Bellano bruit d’une grande activité. C’est que la veuve Fioravanti vient de mourir et cette mort paraît suspecte. Aurait-on affaire à un meurtrier, voire plusieurs?

Dans cette chronique divertissante, vous trouverez une belle galerie de portraits, par familles entières. Grands-parents, parents, rejetons terribles… Le curé, le maire, le capitaine des carabiniers, les épouses et les putains, les voyous et les fous… Ils sont tous là, avec leurs petits et leurs grands problèmes, tâchant de vivre, dans un Italie qui ne se ressemble plus, bien que l’ingéniosité du petit peuple permette souvent de contourner les obstacles que le fascisme dresse.

A la lecture de ces destins qui se croisent et parfois s’entre-croisent, on s’imagine facilement dans un film en noir et blanc de Fellini ou de Visconti. Des drames qui tournent à la rigolade; une bonne humeur, teintée de supersitition et de roublardise; des tempéraments explosifs et d’étranges curiosités. Avec des accents très méditerrannéens parfois. Andrea Vitali tamise l’âme italienne pour nous en donner un instantané, criant de conformité avec ce l’on imagine de cette Italie des années 30/40 : féconde, bonne vivante, faussement insouciante, avec un goût marqué pour les tragédies qui se finissent en happy ends!

Avec les olives! cependant ne tient pas tout à fait les promesses de la quatrième de couverture. Truculent? Pas assez. Il manque du nerf à ce récit – c’est peut-être dû à la traduction, qui souvent, rabote un peu le charme des particularismes culturels… L’histoire se traîne un peu. On sourit, certes mais c’est tout. Et puis dans cette foule bigarrée, il est parfois difficile de s’y retrouver. On repart quelques pages en arrière, on revient. Ah oui, Ernesto Maccado, c’est le capitaine des carabiniers, c’est vrai… On voudrait un peu plus d’excès, quelque chose qui mette du piment, de la fantaisie, de l’impertinence dans ce roman que se veut drôle avant tout… Pour l’effet « couleur locale », mieux vaut aller voir chez Camilleri, par exemple. Et pour le grain de folie, chez Stefano Benni.

A conseiller aux amoureux de l’Italie qui seront sans doute  à même de savourer tous les clins d’œil d’Avec les olives.. sans se casser les dents sur les noyaux!

Ludovico était au-dessus, au lit. Pour lui faire payer la connerie des pigeons, son père l’avait mis à un régime maison et travail : à la droguerie, avec lui, du matin au soir, et au lit de bonne heure. Le linge sale se lavait en famille, il allait se charger lui-même de remettre ce vagabond dans le droit chemin. La semaine avait passé tranquillement, Cucco semblait avoir perdu son envie de faire l’âne… (…)

Avec les Olives, Andrea Vitali, éditions Buchet-Chastel, 24€50

 

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