Les mots d’Angélique Villeneuve

8 mars : Journée de la Femme. Je ne l’ai pas fait exprès mais ce jour, c’est une femme qui est à l’honneur sur mon blog!

Comme je vous l’annonçais, Angélique Villeneuve a accepté de se prêter à un petit jeu. Plutôt que de lui poser des questions qui risquaient de devenir vite “bateau”, j’ai préféré lui envoyer une liste de dix mots sur lesquels elle s’est exprimée en toute liberté.

Pour ceux et celles qui ne la connaîtraient pas encore, voici quelques repères : elle est née en 1965 à Paris, a voyagé en Suède et en Inde et est l’auteure de plusieurs livres dont Grand Paradis et Un territoire, chroniqués sur ce blog (et ailleurs!). Elle sera au Salon du livre de Paris, le 18 mars, sur le stand des éditions Phébus, de 15h30 à 18h00. Si vous passez par là, allez échanger quelques mots avec elle, elle est très sympa et avoue même – vous le verrez dans ses réponses – être bavarde! Elle m’a promis aussi de répondre aux questions que vous laisserez en commentaire, alors n’hésitez pas!

Enfance

J’ai été une petite fille plutôt sauvage, du genre qui passe sa vie perchée en haut des arbres ou à quatre pattes en train d’attraper des sauterelles. Je me souviens m’être levée à cinq heures du matin, un été, pour aller voir où les mouches pouvaient bien s’installer pour dormir…

Brune et maigrichonne, je devais avoir l’allure de Mowgli. Dans Grand Paradis, le trait est forcé mais l’héroïne enfant me ressemble, c’est vrai, fureteuse et solitaire parmi les herbes (il me semble que par la suite, j’ai mieux tourné que Dominique…).

Et depuis toute petite, je lis, j’écris.

L’enfance, les fêlures de l’enfance et la façon dont ces fêlures nous construisent et nous enrichissent sont, je crois, à la base de mon écriture aujourd’hui.

Rituels

Je réfléchis, mais je n’en ai pas tant que ça ! Est-ce que tenir à avoir une lampe toujours allumée sur son bureau, même en plein soleil, peut être considéré comme un rituel ?

J’écris directement sur mon ordinateur, même si j’ai pas mal de carnets sur lesquels je travaille, par vagues, au début de chaque livre, dans un café près de chez moi ou à la bibliothèque si j’ai besoin de documentation.

Ah, si, allez. Lorsque je fais des recherches sur un sujet (les femmes de la Salpêtrière pour Grand Paradis, le vécu de la surdité pour Un territoire, par exemple), je ne peux me résoudre à faire des photocopies des documents que je découvre. Il me faut recopier à la main les mots qui m’intéressent, même si ça prend des heures, des semaines.

J’aime aussi m’appuyer sur des photos. Pour Un territoire, j’ai trouvé aux Puces un cliché des années 70, représentant le sosie de Marylin fumant une cigarette dans une cuisine modeste : le personnage de la Sœur était né.

Secret

C’est vrai, il y a souvent des secrets dans mes livres. Secrets de famille, personnes et pensées secrètes… Le secret ne m’intéresse peut-être pas tant pour lui-même que pour les traces qu’il peut laisser.

Poésie

Je dois avouer que je n’en lis plus très souvent.

J’ai malgré tout la faiblesse de croire qu’elle est présente dans ce que j’écris. En tout cas la rythmique poétique. La scansion du texte, la musique des mots s’accordant les uns aux autres sont essentiels. Je cherche et cherche encore le souffle de la phrase, ce que dans sa chair elle dit du mouvement qu’elle exprime, du ressenti.

Et la poésie est partout, j’aime la saisir dans les herbes et les prairies, bien sûr, mais aussi la traquer dans les plis de la vie domestique, dans des choses plus triviales. Dans ce qu’on ne voit pas, ce à quoi on n’accorde plus d’importance, ce qu’on oublie.

J’ai vécu deux années en Inde récemment, je viens de finir un récit sur mon expérience là-bas. L’Inde m’a appris plus que jamais à voir la poésie du petit rien.

Nuit

Je ne suis pas une fille de la nuit. Je me couche tôt, me lève tôt et caquette au réveil. Si je pondais plus souvent des œufs, il est fort probable qu’on me confondrait avec une poule.

Gourmandise

Ah, la gourmandise est drôlement importante ! J’aime beaucoup faire la cuisine et il n’y a pas meilleur endroit au monde qu’un marché. Dans n’importe quelle ville que je ne connais pas, ce sont les marchés que je cherche en premier et où je traîne insidieusement mon mari en lui faisant croire qu’on va visiter un musée.

J’ai écrit l’année dernière un tout petit livre qui s’appelle La feuille de figuier, dix façons de la préparer, sorti en juin 2011 aux éditions de l’Epure. Tout ce qui me plaît est là : la sensualité des parfums, la sève, l’évocation de l’été… Le sucre de figuier, franchement, c’est à tomber par terre. Et puis mon éditrice m’a laissé l’écrire comme je voulais, avec la poésie et l’humour idiot que j’aime.

Mer

Comme pas mal de gens, je rêve d’une maison avec vue sur la mer, un escalier qui dégringole dans les rochers et, un peu plus loin, des oursins à aller pêcher. Le seul problème, c’est que, si j’avais une maison pareille, je ne ferais vraisemblablement rien d’autre que de me trouver en extase. Je suis contemplative. J’aime regarder les paysages, les gens aussi, j’aime les voir et les écouter, les mouvements de leur corps, ceux de leurs mots quand ceux-ci leur échappent.

Dans Un territoire, mon héroïne n’a jamais vu la mer et en rêve d’une façon confuse, absolument physique.

Elle cherche la texture de l’eau à l’endroit où celle-ci vient frotter l’horizon.

Le parfum qui flotte en surface.

Peut-être est-il celui des algues, qu’elle renifle le samedi chez le poissonnier, au marché. Celui du râpeux des coquillages, du sel, des articulations mouillées des crabes qu’il ne faut pas toucher. Quelle couleur, quelle température et surtout quelle puissance peut bien avoir un courant d’une telle ampleur, quand il vient dans les jambes.

Lorsqu’elle coud, elle sent une vague enfler, se saisir de ses doigts, déferler jusqu’à son poignet. Son lit d’ici est un torrent arrêté alors qu’un peu plus loin, elle le sent, existe une eau plus vaste, un vent immense. Elle voudrait enfouir son ventre dans l’élan de la mer.

Musique

Mes goûts musicaux, je m’en aperçois, évoluent peu ! Comme à vingt ans, j’aime Barbara et Tom Waits. Et puis aussi, bien sûr, j’écoute des idioties et des merveilles avec mes trois enfants, qui sont grands et connaissent cent fois plus de trucs que moi.

Quand j’écris, il m’arrive de passer en boucle, à peu près un million de fois, le même morceau qui peu à peu se dilue et finit par faire partie du geste de l’écriture. Généralement, à ce moment-là mes enfants, dont les chambres sont voisines de mon bureau, deviennent zinzins.

Féminité

Dans mon cas, elle a été un peu longue à venir. J’étais garçon manqué, je l’ai dit. À seize ans, j’en faisais douze et ne le vivais pas très bien (j’aimerais d’ailleurs qu’on m’explique pourquoi, maintenant que ce décalage m’arrangerait, il n’est plus tout à fait là !).

Une fois sortie de l’adolescence, il me semble que tout rentra dans l’ordre. Aujourd’hui j’aime la mode, me maquiller et les talons…

Ecrire sur le corps des femmes, la douceur et la violence, voilà qui me transporte à présent.

Influence

Quel bonheur d’admirer ! Quelle chance d’être portée par les auteurs plus grands que soi, d’être ainsi tirée vers le haut…

J’aime Faulkner et aussi les merveilleux écrivains femmes qui font un travail sur la langue, comme Annie Ernaux, Marie-Hélène Lafon ou Emmanuelle Pagano.

Dans un autre genre, je lis et relis sans cesse les délicieux romans démodés de l’anglaise Barbara Pym.

J’essaie, de mon côté, à ma modeste mesure, de trouver mon chemin, mon souffle personnel. Il y a encore du travail…

Festival Rue des Livres à Rennes…

Tout a commencé dans une petite gare de province à 8H39… Le train en direction de Rennes se trouvait voie 2. Je suis montée, les portes se sont refermées, j’ai écrasé mon visage contre la vitre pour faire coucou frénétiquement à mon mari qui m’avait accompagnée jusqu’au quai. Nos adieux ont été déchirants (et mouillés, il pleuvait…) et j’ai presque failli tirer le signal d’alarme pour stopper le TGV dans sa course… Mais non, je me suis dominée. Après tout, des rencontres de blogueurs, j’en avais vu d’autres… Alors bien tranquillement, je me suis installée dans les fauteuils ergonomiques et colorés de la SNCF et j’ai mis Rhapsody in Blue, du Trio Gershwin dans mes oreilles.

A Lorient, j’ai retrouvé Joëlle et son mari, ainsi qu’Yvon. Nous avons assisté à une scène d’anthologie : un homme avait voulu accompagner sa femme enceinte et sa petite fille à l’intérieur pour déposer le bagage de Madame. Mais, comme dans un mauvais jeu vidéo, il n’a pas été assez rapide et a grillé sa dernière vie s’est retrouvé coincé à l’intérieur. Evidemment, entre Vannes et Rennes, il n’y avait plus d’arrêt… Ça a failli dégénérer entre le mari déconfit, le contrôleur agacé par son agressivité et la femme qui ne cessait d’annoncer à tout le wagon qu’elle était enceinte (merci, mais ça se voyait bien, pas besoin de sous-titres…). Jusqu’à ce que la petitounette de trois, levant le nez de sa DS vert pomme, résume bien la situation : “Papa, il fallait pas qu’il monte dans le train”. J’ai cru qu’elle allait se prendre une tarte, mais non… Une fois de plus, je constate qu’on peut apprendre beaucoup de ses enfants. Il faut simplement prendre le temps de les écouter… Mais je m’égare et vous n’êtes pas venus me lire pour des considérations ferroviaires. Alors passons à la suite.

Arrivés à Rennes, nous avons retrouvé Sylire et Gambadou qui nous a pilotés jusqu’au festival.

Une fois sur place, quelle n’a pas été ma surprise en voyant une foule de blogueuses en délire se jeter littéralement sur Sorj Chalandon qui n’a pas eu l’air de trouver ce traitement trop amer. Sourires en cœur, yeux doux, chats dans la gorge à cause de l’émotion, mines effarouchées de fan au bord de la transe : il a eu le droit à tout! Eh, les filles, ne niez pas, je vous ai vues! J’ai eu l’impression que l’auteur y prenait goût – après la griserie de la Guinness, il goûtait là un nectar aphrodisiaque et puissant… –  puisqu’après le déjeuner, il est venu se joindre à notre petit groupe.

De gauche à droite: moi, Joëlle, Gambadou, Sandrine,

Enna, Sylire, Sorj (Sorrjjj!!!), Canel qui se cache,

Géraldine qui penche du côté où elle va tomber,

Mireille, Emilie, Constance.

Yvon n’est pas là, il est jaloux de Sorj je crois… 

Vous allez vous moquer de mon ignorance crasse mais il y a quelques semaines encore, je croyais que Sorj était un prénom féminin… Bon, ça y est, vous avez fini de rigoler? Je dois dire que comme Géraldine (qui penche sur la photo, non pas en raison du fort vent d’ouest mais plutôt d’une attraction fatale…) je suis tombée sous le charme de cet auteur humain, sympathique et drôle qui a parlé avec beaucoup d’émotion des raisons qui l’ont amené à écrire Mon traître et Retour à Killybegs.

Il a également évoqué, au cours du débat de l’après-midi, son travail de reporter en Irlande et ailleurs. Du choix des mots qu’il opérait lorsqu’il écrit un article, afin que le lecteur ait l’impression d’être là, à côté de lui, spectateur comme lui de ce qui se déroule sous ses yeux. Journaliste le jour, écrivain la nuit, Sorj Chalandon a l’habitude d’associer une musique à la fiction qu’il écrit. Il la passe en boucle, finit par l’oublier, ne plus y faire attention. A tel point qu’elle devient presque hypnotique et qu’il lui suffit, un jour ou une semaine après, de l’écouter pour se retrouver exactement à l’endroit où il en était resté dans son histoire… C’est O’stravaganza, un disque qui mélange musique de Vivaldi et musique irlandaise qu’il écoutait lorsqu’il écrivait Retour à Killybegs (bon, je ne savais pas que Sorj était un homme mais O’stravaganza, ça fait au moins dix ans que je l’écoute, alors, gardez vos moqueries pour vous, hein…)

De gauche à droite : Patricia Reznikov, Gérard Landrot, Sorj Chalandon

et l’animateur du débat dont je ne connais pas le nom…

A midi, nous avons déjeuné dans ce que l’on appelle La Cantine des Auteurs. Service rapide et sympathique, repas délicieux – je crois qu’Enna ne vient que pour les desserts de cette cantine-là mais chut… il parait qu’il ne faut pas le dire…). La discussion entre Yvon, Constance, Enna et moi n’a pas vraiment porté sur les auteurs mais plutôt sur les études (de Constance), Jersey (qu’Enna connait bien et où j’ai bien envie d’aller), les salons du livre qu’Yvon pratique. A l’autre bout de la table, il s’est sans doute passé des choses mais à quatorze, difficile de suivre toutes les conversations… Vous en saurez peut-être plus en allant lire les comptes-rendus de mes petites camarades…

Après le déjeuner roboratif et le débat qui ne l’était pas moins, il ne nous restait plus qu’à faire un dernier tour de piste pour trouver quelques livres à rapporter. J’ai opté pour Ripeur, de Jeff Sourdin sur les conseils de Midola et Bayard et le crime d’Amboise d’Eric Fouassier, un auteur dont je vous avais déjà parlé  et que j’étais ravie de rencontrer. Il entame avec ce nouvel ouvrage une trilogie de polars historiques qu’il me tarde de lire…

16h45 : il était temps de rentrer… Sous la conduite habile de Gambadou, nous avons fait le chemin en sens inverse. J’ai testé le petit fauteuil au fond de la Peugeot et je dois dire que je n’imaginais pas pouvoir me plier à ce point-là mais je l’ai fait et j’en suis fière! Nous avons bisé notre coach-accompagnatrice puis Sylire qui repartait dans le Finistère Nord, seule mais lestée du dernier Sorj Chalandon (hum, hum, sans commentaires…). Le train était bondé et je me suis retrouvée loin de mes congénères du Morbihan. J’en ai profité pour commencer Ripeur avant de ressortir mon casque, mon iPod et d’écouter la Rhapsody encore une fois…

La nuit tombait sur la Bretagne. Les flaques, dans les champs, reflétaient l’ultime clarté d’un ciel nettoyé par la tempête. Les champs mauves succédaient aux bois noirs. Les lumières s’allumaient dans le lointain. Je filais dans la nuit, heureuse, ravie, accompagnée par cette musique entêtante… Rhapsody n’est pas O’stravaganza… c’est pour ça que mon histoire à moi s’appelle “Retour à DZ”.

Un petit tour à Rennes. Et puis voilà!

Les autres comptes-rendus : Sylire, Enna, Gambadou… s’il y en a d’autres, qu’elles se dénoncent dans les commentaires! ;-)

Sur la ligne noire

Encore une bonne surprise au rayon “polars” de la médiathèque.

Eté 1958. Le jeune Stanley Mitchell entre à peine dans l’adolescence quand il s’installe avec ses parents dans la petite ville de Dewmont, où son père vient de racheter un cinéma en plein air. L’été est brûlant dans cette partie du Texas et les occupations peu nombreuses. En se baladant avec son chien, Stanley découvre, enfouie dans la terre, une boite métallique qui contient des lettres et des fragments d’un journal intime.

Intrigué, il cherche évidemment à en savoir plus. Aidé de sa sœur Callie, de son copain Richard et du vieux projectionniste noir Buster, il veut comprendre ce qui a conduit aux deux drames simultanés qui se sont produits dans le passé : une jeune femme écrasée par un train, la nuit même où une autre périssait brûlée vive dans sa maison…

Dans une Amérique profonde où sévit encore la ségrégation et où la religion dicte les comportements, le jeune Stanley va peu à peu s’éloigner de l’innocence de l’enfance… et franchir cette ligne noire qui mène vers le monde sans fard des adultes.

L’époque est magnifiquement évoquée à travers quelques personnages emblématiques et des descriptions criantes de vérité. Un polar bien mené, plein d’humour et de noirceur, qui se lit d’une traite.

Il arriva dans sa voiture au moteur gonflé, avec des langues de flammes peintes sur les portières. Ses cheveux gominés formaient une espèce de sculpture qui rappelait la quille noire d’un bateau après un naufrage. Il portait une chemise rose et noire, un jeans aux ourlets remontés et, vous l’avez deviné, des chaussures en daim bleu, comme dans la chanson d’Elvis. Chester descendit lentement de sa bagnole, tel un dignitaire de la planète Rockabilly en visite sur la Terre.

Sur la ligne noire, Joe R. Lansdale, Editions du Rocher.

TGM ou Tag Généreusement Modifié…

Dans le tag des 11, Lucie m’a posé onze questions auxquelles je dois répondre. Je me plie volontiers à cet exercice mais en le modifiant un peu… Je n’aime pas les carcans! Et tant pis si je suis mauvaise joueuse… ;-)

Alors, allons-y pour les questions – vraiment pas méchantes – de Lucie. 

1. Quel est ton juron favori ?

J’en ai un certain nombre à ma disposition, que j’utiliser principalement quand je suis derrière un nul du volant ou quand quelque chose me résiste… Dans le désordre : Mortecouille! (Vous vous rappelez, dans “Les visiteurs” : “Mortecouille, le château!” Eh oui, on a les références qu’on peut… ) Putain! Crétin! Parfois j’emprunte  à Vic Moretti “fuck me”… C’est moche, oui, je sais, mais ça soulage!

2. Quelle est ta devise ?

Seigneur, gardez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge…

3. Que détestes-tu par dessus tout ?

L’indécision et par conséquent, les gens indécis… Les gens qui restent bavarder avec la boulangère alors que ça fait déjà dix minutes que vous attendez votre Trad’ derrière une file longue comme un jour sans pain – c’est le cas de le dire… La mauvaise foi. L’ambition démesurée. L’impolitesse. Les mauvaises odeurs corporelles. L’obséquiosité. Je m’arrête là ou vous en voulez encore?

4. Si tu devais changer de métier, que choisirais tu ?

Eminence grise.

5. Es tu bain ou douche ?

Douche pour me laver et bain de mer pour le plaisir…

6. Quel est l’objet dont tu ne te sépares jamais ?

Mon alliance que je porte depuis dix-neuf ans déjà…

7. Quel est le dernier film qui t’a fait pleurer ?

J’ai été émue en regardant La colline aux coquelicots mais pour que je pleure en public, moi, il faut vraiment que ça fasse mal… ;-)

8. Quel musique écoutes tu en boucle en ce moment ?

J’ai plusieurs boucles de musique. Du jazz, bien sûr. Rosso, Italian Baroque Arias avec Patricia Petibon. Les variations Goldberg de Bach. Et des listes de lecture que je fais en fonction des histoires que j’écris. J’aime bien imaginer d’abord un univers musical et y baigner quelque temps avant de me lancer dans l’histoire… La musique m’aide à imaginer et visualiser certaines scènes.

9. Préféres tu les photos en couleurs ou en noir et blanc ?

J’aime les deux. Tout dépend du sujet…

10. Quel est le gâteau qu’il faut te faire pour ton anniversaire ?

Un bavarois aux framboises. Ou une Forêt-Noire. Rien à voir avec la photo qui était mon premier essai de brownie, d’après une recette trouvée dans un des livres de cuisine offerts par Océane, il y a longtemps déjà (une recette qui fait l’unanimité ici…) et qui traitait des Petits Beurre Lu…

11. Quel est ton livre de chevet ?

Je n’en ai pas. Il n’y a pas de livre particulier vers lequel je reviens toujours, à part peut-être des recueils de poésie. Ceux de Pierre Reverdy et de Louis Calaferte. Et Jean Sénac aussi et puis René Char…

Je dois maintenant répondre aux questions de Loo qui m’a taguée elle aussi! 

1. Quels personnages t’ont le plus touchée?

Quand j’étais enfant, je m’identifiais totalement à Claude, du Club des cinq. Ensuite, j’ai aimé le comte de Monte-Cristo. Plus récemment, j’ai été touchée par la narratrice féminine du dernier roman d’Angélique Villeneuve, Un territoire. Entre autres…

2. Quelle sensation éprouves-tu en entrant dans une bibliothèque ou une librairie?

Quelque chose qui doit approcher ce que mon chien ressent quand il arrive dans la forêt saturée d’odeurs sauvages et irrésistibles… ;-)

3. Cherches-tu à connaître davantage un auteur si tu aimes ses livres?

Oui, toujours. Et s’il a plusieurs ouvrages à son actif, j’essaie de me les procurer.

4. Quel est ton pire souvenir de lecture?

Très recemment – je vais en faire hurler certains… – Les Revenants, de Laura Kasischke, que j’ai trouvé totalement rasoir!

5. Comment t’y prendrais-tu pour donner envie de lire à un enfant? 

Je lui enverrai mon mari pour lui raconter des histoires : il est très très fort pour faire toutes les voix, tous les accents et pousser des hurlements de monstre! :-)

6. Quels sont pour toi les livres incontournables? 

Je ne suis pas assez “définitive” pour répondre à cette question…

7. Une autre passion?

Vous voulez vraiment que je vous embête encore avec le jazz? ;-)

8. La meilleure promenade que tu aies faite?

Il n’y en a pas une meilleure, il y en a plein! Je marche beaucoup et me réjouis de la beauté d’un paysage, d’un fruit volé sur l’arbre ou d’une baie débusquée dans les fourrés, du jeu du soleil entre les feuillages, d’un écureuil qui joue à cache-cache… A ce petit jeu-là, toutes les promenades deviennent formidables!

9. De quoi ris-tu?

De tout, y compris de moi, enfin j’essaie. Je suis bon public et c’est tant mieux parce qu’ici, l’humour c’est l’huile dans les rouages de la machine familiale.

10. T’arrive-t-il de lire par-dessus l’épaule de quelqu’un? 

Non, jamais mais si je vois quelqu’un lire près de moi, j’essaie de savoir de quel livre il s’agit. Et si c’est un livre que je connais, je regarde mieux celui ou celle qui lit… Ensuite, forcément, j’ai envie de lui demander ce qu’il en pense mais la plupart du temps, je n’en fais rien…

11. Quel est le dernier auteur que tu as découvert et qui venait d’écrire son premier roman? Un livre que tu as apprécié. 

Je suis bien embêtée pour répondre à cette question car je ne fais pas souvent attention à la mention “premier roman”… Que ce soit le premier ou le dixième n’a pas beaucoup d’importance s’il me plait. Surtout que ça peut être le premier roman publié mais le dixième que la personne a écrit… Ce n’est pas un élément significatif pour moi.

Je me suis acquittée en partie de ma mission. Si d’autres veulent attraper la balle au bond, voici mes onze questions… 

1. Quel était le nom de ta première poupée ou de ton premier animal en peluche?

2. Dans quelle ville aimerais-tu aller vivre et pourquoi?

3. Y a-t-il un diminutif que l’on te donne et que tu ne supportes pas?

4. Quelle est ta recette de “potion magique” qui te donne de l’énergie pour longtemps?

5. Que vois-tu quand tu regardes par la fenêtre?

6. Fais-tu parfois “ce rêve étrange et pénétrant”?

7. Pour toi, de quelle nuance de bleu est la mer?

8. Quel parfum de fleur aimes-tu?

9. Tu es plutôt galette (salée) ou crêpe (sucrée)?

10. Où se trouve le pays imaginaire où tu te réfugies parfois?

11. Dans quel tableau aimerais-tu vivre?

Je ne désignerai pas onze victimes mais si ces questions vous plaisent, vous pouvez vous porter volontaire dans les commentaires… 

V’là l’printemps!

Hier, mercredi, le thermomètre affichait seize degrés. Avec une telle température et un bleu si limpide, impossible de rester enfermés. Sac sur le dos, appareil photo en main et Beagle soigneusement attaché à sa laisse, mon fils et moi sommes partis explorer – une nouvelle fois… – Douarnenez. Ça fait quelques années que ça dure mais apparemment, il ne s’en lasse pas plus que moi…

Le port du Rosmeur en haut, l’île Tristan en bas et pour la nature, c’est au parc des Plomarch que nous avons fait le plein de verdure et de printemps… On y trouve des gites d’étape, une ferme pleine d’animaux – dont des petits agneaux noirs et blancs qui viennent de naître, un âne, des paons, des cochons, des vaches, un cheval – et puis des petites criques tranquilles où les ados aiment se planquer pour bronzer et flirter l’été.

Mon fils Raphaël a été patient : je m’arrêtais toutes les trente secondes pour prendre une photo. Mais comment faire autrement? Tout était magnifié par le soleil… Et en fait, il en a pris pas mal, lui aussi… ;-)

Avouez qu’il y a de quoi s’émerveiller. Pour motiver les troupes, j’avais un petit sac à dos contenant un goûter – toujours prendre des provisions quand on part avec un ou plusieurs ados! Nous avons trouvé des bancs devant ce superbe panorama. Un léger voile de brume vous empêche de distinguer le Menez-Hom, au loin, mais il est bien là, ce souvenir du vieux massif armoricain…

Et pour finir, un clin d’œil de Lulu, le cheval qui tous les jours broute son herbe en regardant les voiles blanches ou rouges s’ébattre sur la mer…

Evening Class/ Cours du soir

En furetant ici et là, à la recherche d’auteurs anglais que je ne connaissais pas encore, je suis tombée sur le nom de Maeve Binchy qui ne me disait strictement rien. Parce qu’il évoquait un groupe de personnes inscrites à un cours du soir d’italien, j’ai choisi cet “Evening class”.

Et j’ai adoré lire cette histoire. Ou plutôt me laisser porter par elle…

L’auteur a choisi de raconter ce “cours du soir” par l’intermédiaire de certains des protagonistes. Il y a d’abord Aidan Dunne, un professeur passionné par son métier et ses élèves. Il espère devenir principal du collège dublinois où il enseigne mais c’est son “rival”, Tony O’Brien qui est choisi. Pour des raisons personnelles – Tony est secrètement amoureux de la fille de Dunne et ne veut pas se fâcher définitivement avec celui qui pourrait devenir son beau-père – il propose alors à Aidan de prendre en charge une structure chargée de dispenser des cours du soir.

Justement, Signora, une irlandaise qui a suivi en Sicile son amour de jeunesse, revient au pays et est disposée à donner des cours d’italien, qu’elle maîtrise à la perfection. Après plus de vingt ans d’absence, elle trouve son pays bien changé mais s’adapte facilement à cette nouvelle vie.

Viennent ensuite les différents “élèves” dont on découvre peu à peu l’histoire et le lent cheminement qui les a amenés là.

Evening class – qui est traduit en français – n’est pas un livre exigeant. Non, c’est juste une bonne histoire, pleine de personnages dont la vie n’est pas forcément rose, mais qui sont tous attachants. L’Irlande et Dublin sont, au moment où l’histoire se déroule (les années 90) en pleine mutation et c’est un aspect qui est habilement mis en relief par l’auteur.

C’est un livre chaleureux, confortable ai-je presque envie de dire, comme ces vieux pulls chauds dans lesquels on s’emmitoufle les soirs d’hiver pour savourer devant le feu un bon chocolat chaud. Un livre qui fait du bien parce qu’il présente le côté optimiste de la vie… Et par les temps qui courent, on a bien besoin d’une petite perfusion d’espérance de temps en temps…

Evening Class/ Cours du soir (chez Pocket), de Maeve Binchy.

Le niravana domestique ou les mots en N…

Avoir deux blogs, c’est la galère en fait. Les lecteurs se perdent en route… Aussi ai-je décidé, après sortie d’hibernation et longue délibération avec moi-même de mettre les textes que j’écris pour les diverses participations qui sont proposées par Asphodèle, Olivia et Leilonna ici… 

Asphodèle a collecté pour les Plumes de l’Année les mots en N que voici :

nouvelle – notoire – nigaud(e) – nature – nuance – nacelle – neutre – noix – naufragé(e) – nuage – nirvana – nana – nymphéa(s) – nouille – noble – noise – nitrate – nenni – noctambule – neuf – nougat.

Et voici mon texte…

Le Nirvana Domestique. Acte II Scène 4

Elle entre dans le salon dans un frou-frou de dentelles. Il lit son journal. Elle soupire et s’assoit en face de lui.

- Mais qui m’a donné une pareille nigaude?

- Que se passe-t-il donc, ma chère Aliénor?

- Mon ami, c’est cette nouvelle bonne que votre cousine de Pontivy nous a envoyée. Pardonnez-moi, mais je n’ai jamais vu une telle nouille! Ces petites bretonnes sont vraiment des sauvages… C’est un fait notoire!

- Qu’a-t-elle donc commis comme vil péché pour vous mettre dans cet état, ma mie?

- Elle a confondu le nougat et le savon. Je ne vous dis pas l’état des draps maintenant…

- Mais ma chère, c’est sans doute que vous lui aurez mal expliqué ses tâches. C’est votre devoir, votre noble devoir, d’élever cette rustre nature vers le nirvana domestique!

- Voilà, vous me cherchez encore noise, mon ami! Quoi que je fasse, ce n’est jamais comme il faut. Rappelez-vous l’affaire des nitrates

Nenni, ma tendre amie… Loin de moi l’idée de vous critiquer et cette histoire de nitrate est, je vous l’assure, depuis longtemps oubliée… Mais je suis votre mari et je dois faire avec vous comme vous avec cette  petite Marie-Louise. Vous élever, ma chère, vous éduquer! Et puis n’oubliez pas que cette jeune fille a vécu un drame terrible, son père était sur le bateau naufragé, pillé par les pirates, on aurait les idées chamboulées à moins…

- Vous, ce qui vous chamboule, c’est son petit caraco couleur de nuage et son minois tout neuf

- Allons bon, la jalousie maintenant. Vous êtes terrible Aliénor. Mais je n’irai pas sur ce terrain glissant avec vous. Dans cette affaire, j’ai décidé de rester neutre

- On ne peut pas rester neutre quand on est partie prenante!

- Savez-vous que vous commencer à me casser les noix, Aliénor? Pourquoi n’allez-vous pas plutôt vous occuper de votre jardin, contempler vos précieux nymphéas pour ensuite, sur vos toiles, en restituer toutes les nuances, ainsi que le fait Monsieur Monet?

- Bien sûr et tandis que toute la nuit, je travaillerai dans mon atelier, vous pourrez jouer les noctambules et aller contribuer à l’élévation domestique de cette… de cette… nana! Si tant est que vous soyez capable de faire découvrir à une pauvresse dans son genre un quelconque nirvana!

- Que voulez-vous dire?

- Que pour monter au septième ciel, je compte bien plus sur la nacelle d’une montgolfière que sur vos qualités d’amant, mon ami!

L’inversion, les coquelicots et le beagle…

En ce moment, je me sens un peu comme ça…

C’est à dire un peu floue et surtout complètement inversée. Comme quand, en météo, l’air chaud arrive sur l’air froid. Ou le contraire, je ne sais plus…

Faut-il mettre ça sur le compte des hormones, de la saison, de la situation politique en France, des relations mère/fils parfois tendues ou d’une simple et passagère fatigue? Sans doute un savant cocktail de tout cela. Je ne suis donc pas très motivée par l’idée d’écrire des billets ou d’aller lire les vôtres. En fait, j’ai beaucoup écrit ces derniers mois et je me sens un peu vide. De mots, d’idées, de punch. Rien que de très normal en fin de compte… Dans ces cas-là, une pause s’impose, comme dirait l’autre… Même les livres ne m’apportent pas le plaisir attendu, c’est dire…

Heureusement cet état flou est passager – le cerveau continue à moudre, surtout entre trois et cinq heures du matin – et mes journées recèlent aussi quelques pépites. Une balade en bord de mer, hier, sous un soleil éclatant – n’en déplaise aux gens du sud… ils se reconnaîtront ;-) – qui m’a même fait prendre un coup de soleil! Ah si, si, je vous assure, j’étais toute rouge le soir!

Et aujourd’hui, une petite séance de cinéma pour aller voir La colline aux coquelicots. Un film d’animation sorti des célèbres studios Ghibli et réalisé par Goro Miyazaki. C’est une histoire d’amitié et d’amour dans le Japon des années 60. Un film sensible, délicat, plein de clins d’œil, servi par une musique formidable et des dessins magnifiques. Si vous voulez en découvrir la bande-annonce, c’est par ici. Et si vous voulez faire plaisir à l’enfant qui est en vous, vous n’avez plus qu’à vous programmer une sortie ciné…

Sinon, pour les amis des animaux qui s’inquiéteraient du sort réservé au Beagle, dans ce contexte de marasme intellectuel, je vous rassure. Le Beaglou se porte comme un charme et n’hésite pas à faire preuve de photo-génie lorsqu’il est soumis à une séance de shooting impromptu… Avec une tronche pareille, il va bientôt donner la réplique à Jean Dujardin… Mais avant, il faudra que l’animal apprenne à ne pas se rouler dans la merde de renard toute fraîche… nom dé diou, qu’est-ce qu’elle fouette!

Prochain rendez-vous en direct live, c’est à Rennes et c’est le 4 mars avec la grande tribu des blogueurs bretons – et d’autres, s’ils prennent le risque de s’aventurer en terre celte… D’ici là, ne comptez pas trop sur moi… j’ai l’intention d’hiberner encore un peu.

Blog en pause

C’est les vacances… Ce blog va passer en mode hibernation!

Je vous dis à bientôt.

Les courants fourbes du lac Taï

Voici une nouvelle aventure de l’inspecteur chinois Chen que je suis épisodiquement depuis quelques années…

Cette fois, l’inspecteur est en vacances à Wuxi, dans une résidence réservée aux hauts dignitaires. La résidence est bordée par un lac immense, réputé autrefois pour son eau limpide. Las, la Chine a bien changé et le lac miroitant est extrêmement pollué par les usines environnantes. Or, peu de temps après l’arrivée de Chen en ces lieux, Liu, le directeur de l’usine de produits chimiques n°1 est assassiné. Les soupçons de la police se portent aussitôt sur les activistes écologistes qui se battent pour faire diminuer la pollution. Parmi eux, la belle Shanshan que Chen a justement rencontré dans une petite gargotte et au charme de laquelle il n’a pas été insensible…

Comme toujours dans les romans policiers de Qiu Xiaolong, l’enquête se déroule doucement mais sûrement. Sensible à l’environnement et à ceux qu’il rencontre, attentif au moindre détail et capable de pousser un témoin dans ses retranchements, Chen sait mener son affaire de main de maître, sans faire trop de vagues ni froisser le pouvoir. Outre l’enquête que le lecteur suit avec plaisir, l’intérêt de ce roman réside aussi dans le portrait qu’il dresse de la Chine aujourd’hui : un pays en développement et en mutation, avec tout ce que cela suppose de ravages mais aussi de nouvelles perspectives.

Un bon polar qui devrait satisfaire pleinement les amateurs du genre.

L’avis de Pierre Faverolle

Les courants fourbes du lac Taï, Qiu Xiaolong, Points.